À la rencontre de notre paysage intérieur

Par Émilie Pinard-Fontaine

Le mercredi 26 février, Alexandra Stréliski, pianiste et compositrice québécoise, a présenté son spectacle de piano solo Inscape devant une salle Maurice-O’Bready comble composée d’un public de tout âge. Dès les premières notes, elle a su emporter la foule au cœur de l’Inscape, ce paysage intérieur qui représente un point unique à l’intérieur de chaque individu.

Plus qu’une artiste, une humaine

Avant même sa musique, ce qui charme le public, c’est Alexandra Stréliski elle-même. Très proche de l’auditoire, elle s’est ouverte et livrée à la foule avec aisance, mentionnant au passage qu’elle ne souhaitait pas donner un show ce jour-là et que, généralement, cela créait les meilleurs spectacles.

Forte de son récent succès au gala de l’ADISQ, où elle a remporté trois Félix, soit celui de révélation de l’année, d’auteure et compositrice de l’année et d’album instrumental de l’année, elle a su démystifier son spectacle de piano néoclassique. Dès l’ouverture, elle a mis les spectateurs en confiance en leur disant comment se comporter, soit comme dans tout autre spectacle : en applaudissant et en criant. Elle a même ajouté, avec humour, qu’il était même permis de tousser « si vous le faites d’un coup et sur le beat. » Ce n’était que le prélude d’une complicité grandissante entre elle et le public durant l’heure et demie de ce spectacle. Elle ira jusqu’à avouer qu’auparavant, elle avait peur de montrer sa vulnérabilité, et que c’est la musique et l’amour des spectateurs qui l’ont sortie d’une période sombre de sa vie.

Un spectacle introspectif tout en intensité

Le souhait de la pianiste pour ce spectacle était de permettre à tous de souffler, de se reposer, de rêver même et de prendre une pause de leurs vies effrénées. Mission réussie : de la douceur à l’exaltation, ce fut un spectacle tout en intensité ainsi que très introspectif. La musique a emporté l’auditoire dans un univers intérieur qui a permis à tous d’oublier un instant les obligations de la vie quotidienne.

Dans l’intensité de l’instant, penchée sur son piano et tapant du pied au rythme de ses envolées, Alexandra Stréliski a entrainé le public avec elle dans une suite en quatre saisons, alternant les pièces de son dernier album Inscape avec certaines de son précédent, Pianoscope. Portée par le rythme, la foule a été entrainée dans le mouvement avec l’espoir que le spectacle ne prenne jamais fin.

La mise en scène sobre, composée d’un voile et de projections de lumières, accompagnait à merveille la musique sans toutefois voler la vedette ni sortir les spectateurs de cet entre-deux introspectif dans lequel ils étaient plongés.

Un succès retentissant

C’est par une ovation debout ainsi qu’un rappel que s’est conclu ce fabuleux spectacle. Dans un dernier moment de complicité avec le public, la pianiste a même invité les spectateurs à venir jouer sur le piano à queue. Invitation qui, après un instant d’hésitation, a été honorée par deux femmes qui ont gratifié la salle d’une improvisation ainsi que de « Bohemian Rhapsody » de Queen, dont le refrain fut entonné en cœur par l’auditoire.

Une ambiance sereine de communion régnait à la sortie de la salle. L’apaisement créé par la musique classique portait fruit. C’est un album qui berce et qui rassérène, gardez-le donc en tête pour la fin de session qui approche !


Crédit Photo @ Palais Montcalm

Partager cette publication

Laisser une réponse