À quand une université hétérogène?

Par Ariane Lacerte

L’Université de Sherbrooke s’est récemment donné comme mission de devenir exemplaire dans la diversité de son personnel et de ses étudiants. En effet, l’équité, la diversité et l’inclusion sont des objectifs pour le plan stratégique 2018-2022 de l’Université. Le recteur Pr Pierre Cossette veut faire de l’UdeS un exemple dans sa composition hétérogène du personnel et des cadres administratifs. L’Université de Sherbrooke a d’ailleurs lancé une vidéo sur son site Internet pour promouvoir le plan stratégique de 2018-2022 et Le Collectif a pu s’entretenir avec Dorian Paterne Mouketou et Marie-Dominique Duval, deux représentants de la diversité à l’UdeS.

Avec une composition de 85% d’étudiants venant de l’extérieur de l’Estrie, l’Université de Sherbrooke a une bonne diversité d’étudiants. Comme mentionné dans la vidéo de la grande université humaine, le problème de diversité est principalement au niveau des employés et des cadres professionnels. L’université tente alors de diversifier ses employés pour rendre son cadre professionnel plus représentatif de la population. C’est pourquoi l’université s’est lancé comme mission d’accueillir plus de diversité et plus d’équité dans son cadre administratif et professionnel d’ici 2022.

L’avantage de la diversité

Il est temps que l’UdeS représente correctement la population. Situé proche des lignes américaines, Sherbrooke est une porte d’entrée pour la diversité. L’augmentation des comités de diverses nations et de diverses orientations sexuelles ouvre la porte à l’inclusion et à l’équité sur le campus. Avec notre mode de vie qui se mondialise, c’est le temps de passer par-dessus les valeurs arriérées qui tendent à créer l’exclusion. La population, active autant sur le plan professionnel que sur le plan académique, fait en sorte que de plus en plus de gens d’origines diverses se côtoient chaque jour. Nos valeurs sociales et individuelles ont changé au fil du temps. Notre côté individualiste a permis de mettre l’accent sur les valeurs personnelles et a alors mené à la lutte pour les droits humains et individuels. L’Université de Sherbrooke a donc le devoir de devenir aussi diversifiée que les autres domaines. La diversité a fait ses preuves dans plusieurs sphères et peut grandement améliorer la qualité de l’Université. La diversité aide également à stimuler l’innovation, la créativité et la croissance des projets, elle améliore les processus décisionnels et facilite la résolution de problèmes. Après avoir pris conscience de tous ces avantages, à quand la diversité à l’Université de Sherbrooke?

Rencontre avec Dorian Paterne Mouketou

Le Collectif a rencontré Dorian Paterne Mouketou, un étudiant de dernière année au baccalauréat en politique appliquée, profil relations internationales. En 2012, Dorian est arrivé à Montréal avec sa famille après avoir quitté Brazzaville, sa ville natale. Il s’est beaucoup impliqué tout au long de son parcours universitaire. Pour lui, l’implication est ce qui forge un curriculum vitae. Lors de sa deuxième session à l’université, il a décidé de s’impliquer au journal étudiant. La session suivante, il a monté les échelons en devenant chef de pupitre, pour devenir rédacteur en chef par la suite, poste qu’il a occupé durant trois sessions. Son implication avec le journal étudiant lui a permis de faire son nom sur le campus universitaire. Il a pu rencontrer plusieurs professeurs et chercheurs et il a aussi pu rencontrer des politiciens lors d’entrevues pour le journal. Après avoir passé trois ans à l’Université de Sherbrooke, Dorian ne trouve pas que la diversité manque sur le campus. Il encourage toutefois les étudiantes et les étudiants internationaux à s’impliquer dans des comités ou encore dans les médias étudiants, comme la radio CFAK ou le journal Le Collectif, puisque leurs points de vus différents enrichissent le contenu.

Opinion de Marie-Dominique Duval

Marie-Dominique Duval, chargée de cours à la Faculté des lettres et sciences humaines, tente de donner un modèle de diversité aux étudiants de ses cours. Étant elle-même mariée à une femme, Marie-Dominique prône l’acceptation dans ses classes. Elle essaie aussi de démystifier des sujets et des termes reliés à la communauté LGBTQ2 (lesbienne, gay, bisexuelle, transsexuelle, queer/questionning two-spirited). Elle trouve que la composition des chargés de cours, qui est composée d’environ autant de femmes que d’hommes, est assez équitable. Pour ce qui est de la diversité des chargés de cours, elle croit que la composition est comparable à celle des étudiants. La plupart des chargés de cours sont des québécois avec la peau assez blanche. Son ouverture face à son orientation sexuelle fait en sorte que certains étudiants sont portés à se confier à elle.

Pour les étudiants qui ressentent le besoin de parler, il est bien pour eux que des personnes ressources soient là pour écouter et comprendre. Le plan stratégique de 2018-2022 de l’Université de Sherbrooke vise l’inclusion et la diversité principalement pour le cadre professionnel de l’Université. L’Université se veut être un milieu d’études et de travail où tous peuvent s’accomplir et contribuer. Un de ses plans est de concevoir des environnements de travail et d’études chaleureux. Une stratégie de communication intégrée pour valoriser les membres de la communauté universitaire et leurs réalisations est également dans ses intentions. Les différents programmes, tels que le baccalauréat en droit, qui favorise l’admission des autochtones, permettent aux étudiants issus de cultures différentes d’avoir accès à une éducation inclusive. Le baccalauréat en droit favorisant l’admission des autochtones a aussi été mis sur pied pour contrer le manque de spécialistes du droit et de connaisseurs de la réalité autochtone. Plusieurs projets ont été mis sur pied pour l’inclusion de tous, plusieurs programmes coop sont notamment ouverts aux étudiants internationaux pour leur permettre de profiter des avantages de l’alternance travail-études rémunérée.  Le plan stratégique de 2018-2022 vise en premier lieu le cadre professionnel, alors à quand un cadre professionnel aux couleurs de Sherbrooke?

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