À qui les millions?

Par Christophe Lachance-Tardif

Même si les États-Unis ressentent encore des répercussions de la crise économique de 2008, les joueurs et les propriétaires des grandes ligues de sports professionnels s’échangent des sommes d’argent astronomiques. De ce fait, on constate une explosion fulgurante des salaires dans la NBA et la MLB depuis quelques années. On peut expliquer cette hausse grâce à un facteur économique qui vient chambouler la disparité entre les équipes de petits et de gros marchés.

La disparité plus présente que jamais

On remarque qu’à travers les quatre sports professionnels américains (hockey, baseball, football et basketball), la NBA se distance de ses ligues sœurs avec un plafond salarial de 99 M$ en vigueur pour la prochaine saison. À titre comparatif, le plafond de la LNH est situé aux alentours de 70 M$. Considérant qu’une équipe de la NBA contient environ 12 joueurs contre 23 dans la LNH, on note immédiatement une disparité fulgurante entre les deux ligues; une différence de 30 M$ qui permet une hausse considérable des salaires depuis quelques années dans le basketball professionnel.

Fait intéressant, Sydney Crosby est présentement le joueur le mieux payé de la LNH avec 10,9 M$ annuellement. Stephan Curry, qui incarne ce même rôle dans la NBA, est le détenteur d’un salaire annuel de près de 35 M$!

Pour ce qui est de la NFL, le plafond salarial tourne autour de 167 M$. Finalement, la MLB ne possède aucun plafond salarial! Seulement une taxe de plusieurs millions pour les équipes qui excèdent 195 M$ pour les contrats des joueurs.

Les contrats de télévision : la source même de cette hausse

Les contrats de monopole que les équipes signent avec les diffuseurs de télévision contribuent énormément à cette hausse fulgurante des salaires. Respectivement, la NFL et la NBA ont signé des contrats de 39.6 G$ et de 24 G$ s’échelonnant sur une période de neuf ans; une moyenne annuelle de 4.5 G$ et de 2.6 G$.

Les Dodgers de Los Angeles ont dépensé 251 M$ en salaire cette année. Pour compenser, l’équipe reçoit en moyenne 140 M$ par année du diffuseur américain, Time Warner Cable. Il n’y a pas que la formation de Los Angeles qui reçoit d’immenses sommes d’argent des diffuseurs. Les Yankees, Angels, Mariners, Red Sox et Mets possèdent des contrats qui haussent considérablement leurs revenus et qui leur permettent d’octroyer de larges sommes d’argent aux joueurs.

Dans la NBA, les Lakers obtiennent 122 M$ par année des diffuseurs de télévision. Une somme qui dépasse le plafond salarial qui se situe à 99 M$. Les Lakers ont, quant à eux, littéralement de l’argent à jeter par les fenêtres! Le club de la Californie peut se permettre d’offrir un contrat de quatre ans d’une valeur de 72 M$ à Luol Deng, un joueur de soutien qui n’offre aucune production à ce stade de sa carrière.

Dans la LNH, le contrat le plus lucratif est détenu par les Maple Leafs de Toronto, avec une somme annuelle de 41 M$ remis à la formation de la Ville-Reine. De quoi envier les contrats des Lakers et des Dodgers.

Quoi qu’il en soit, avec l’ère des médias sociaux et du streaming, les équipes professionnelles ont beaucoup plus de visibilité sur une plateforme mondiale plus que jamais auparavant. Le sport est en santé comme il ne l’a jamais été, alors il est à présager que les salaires continueront leur ascension progressive. Mais quand ce fléau s’arrêtera-t-il? Est-ce que la rumeur de Bryce Harper s’avérera vraie? Est-ce que le voltigeur des Nationals deviendra vraiment le premier athlète professionnel de l’histoire à encaisser un pacte de 400 M$? À suivre…


Crédit Photo © thecomeback.com

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