À ce qu’on dit, la pêche a été bonne

Par Sébastien Binet 

Cette année, le repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH) se tenait le 24 juin à Buffalo. L’encan 2016 a soulevé plusieurs questionnements tout au long de la saison et jusqu’au dernier moment, ce n’est pas tous les experts qui réussissaient à prédire comment allait se dessiner le top 3 du repêchage amateur 2016. Même si la quasi-totalité des experts s’entendait sur le fait qu’Austin Matthews et Patrick Laine allaient être nommés premier et deuxième respectivement, le premier choix avait moins fait l’unanimité que l’année précédente avec Connor McDavid.

Ceci étant dit, l’ordre prévu a été respecté avec Matthews en premier et Laine en deuxième, mais c’est vraiment le troisième choix qui en aura surpris plusieurs. Pierre-Luc Dubois, un Québécois en provenance de la LHJMQ, a été préféré au Finlandais Jesse Puljujarvi pour devenir l’homme de confiance des Blue Jackets de Colombus. Celui qui était classé 7e dans la centrale de recrutement nord-américaine en milieu de saison aura finalement prouvé tout son potentiel en deuxième moitié pour réussir à faire plier aussi tôt une équipe de la LNH. Il faut aussi mentionner qu’Evan Fitzpatrick, le gardien du Phoenix de Sherbrooke, a été le choix de deuxième tour (59e au total) des Blues de St-Louis.

Et Montréal dans tout cela

Pour ce qui est de la Sainte-Flanelle, la semaine précédant le repêchage n’a pas été de tout repos. Malgré les propos de Bergevin qui affirmait que le défenseur P.K. Subban n’était pas disponible pour un échange, bon nombre de rumeurs ont circulé tout au long de la semaine pour envoyer l’ancien récipiendaire du Norris sous d’autres cieux. Le repêchage n’aura finalement pas donné lieu à une transaction monstre pour Montréal ni pour aucune autre équipe d’ailleurs, mais le Canadien ne sera pas reparti les mains vides non plus. Ce dont on doit surtout se souvenir, c’est du départ de Lars Eller pour Washington, de l’arrivée d’Andrew Shaw à Montréal et aussi des deux choix de deuxième ronde que le Canadien a obtenu pour les saisons 2017 et 2018.

Regarnir les rangs d’espoir

Le repêchage permet à chaque amateur d’y aller de ses prédictions pour le futur et force est d’admettre que cette année, Montréal s’est permis d’être surprenante. Depuis plusieurs années, le Bleu Blanc Rouge se fait reprocher son absence de premier centre d’impact. Cela ne semble pas avoir dérangé Marc Bergevin et sa bande puisque quatre des six joueurs repêchés cette année se sont avérés être des défenseurs.

Avec le vieillissement d’Andrei Markov à la ligne bleue, le choix de premier tour du Canadien n’a pas été anodin. Bergevin a mis la main sur le défenseur polyvalent Mikhail Sergachyov qui est un des quatre choix en provenance de la Ligue junior de l’Ontario. Ce défenseur est réputé pour être très bon dans les deux zones et surtout pour être un très bon patineur. Les dépisteurs avaient aussi vu en lui un travailleur acharné autant sur la patinoire qu’à l’extérieur de celle-ci. Le russe de 18 ans était aussi considéré par plusieurs experts comme étant le défenseur le plus prêt physiquement à faire le saut dans la grande ligue.

Montréal ne possédait pas cette année de choix de deuxième ronde et son choix de troisième a été le Franco-Ontarien William Bitten. La majorité des sites d’experts le voyait sortir en deuxième ronde et le Canadien ne s’est pas fait prier pour mettre la main dessus. Bitten, loin d’être aussi imposant que Sergachev, est un attaquant qui est lui aussi reconnu pour son très bon coup de patin et son sens du jeu autant offensif que défensif. Il est aussi réputé pour son grand talent offensif et son travail acharné.

Les autres choix des glorieux auront finalement été Victor Mete, Casey Staum, Michael Pezzetta et Arvid Henrikson. Les deux premiers sont, tout comme Sergachyov et Bitten, des marchands de vitesse. Leur présence physique plus limitée est compensée par un sens du jeu aiguisé et des talents offensifs qui ont prouvé leur efficacité dans le junior pour Mete et au niveau High School pour Staum. Ils sont aussi de bons joueurs travaillants qui devront compenser leur plus petit gabarit par du travail acharné.

Pour ce qui est de Pezzetta et d'Henrickson, ils sont beaucoup plus reconnus pour leur jeu physique que pour leur talent offensif. Malgré le fait que les deux joueurs soient loin d’être inutiles offensivement, ils sont deux joueurs qui s’imposent par leur gabarit, et dans le cas de Pezzetta, par son intensité.

Comme chaque fois, il est possible de rêver avoir fait le vol de l’année, mais pour cela, il faudra encore attendre quelques années. Le développement des jeunes ne se fait jamais à la même vitesse, mais une chose est sûre, cette année semble laisser croire qu’avec une bonne dose d’encadrement et de développement efficace, le repêchage 2016 pourrait avoir été très payant pour le Canadien de Montréal.


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