Par Martine Dallaire

Depuis quelques années, l’achat local et les commerces de proximité se sont attiré les faveurs des consommateurs. La pandémie a également permis de donner un boost à cette tendance, attirant même des consommateurs qui étaient auparavant rebutés par certains facteurs liés à l’achat local, dont les prix. De nombreuses initiatives destinées à promouvoir la consommation locale ont toutefois permis de renverser la tendance. Que l’on pense au fameux Panier Bleu, à Ma Zone Québec ou plus près de nous, en Estrie, Solutionlocale.ca, ces initiatives ont permis de démystifier l’achat local tout en faisant la promotion des produits locaux et régionaux. Il ne reste qu’à y faire le saut.

Des retombées multiples

Outre, les retombées économiques régionales et locales, encourager les gens de son patelin permet de créer et de conserver les emplois d’ici, de générer des taxes et des impôts, mais développe en plus le sentiment d’appartenance et la fierté de faire quelque chose pour sa communauté. C’est sans compter les retombées environnementales.

Le prix : un bémol pour quelques acheteurs 

En dépit des nombreux avantages liés aux achats locaux, le prix des produits régionaux constitue un frein pour certains acheteurs dont le budget est plus restreint, surtout en période de ralentissement économique, alors que plusieurs se retrouvent au chômage ou doivent composer avec une importante baisse de revenus. D’autres n’y voient pas l’intérêt, puisque budgétairement parlant, le prix des produits québécois est souvent plus cher que ceux fabriqués à l’étranger. Il existe cependant quelques trucs pour y trouver son compte, sans devoir vider toute sa tirelire. Il suffit de modifier certaines habitudes et de se renseigner de manière adéquate.

Il n’y a pas que les produits qui sont originaires du Québec

Quand on pense « achat local », on pense naturellement aux produits créés, cultivés et fabriqués à proximité de chez soi. Mais, comme le signale le site web Le Panier Bleu, acheter québécois peut parfois signifier encourager certains produits conçus ailleurs, mais mis en vente par des entreprises dont le siège social se situe au Québec, ou dont la propriété est détenue par des Québécois. Les magasins l’Aubainerie, par exemple, sont de propriété québécoise et offrent aussi des lignes de vêtements et accessoires mode de fabrication québécoise. Les magasins Reitmans et Simons font de même. Le géant de l’Alimentation Couche-Tard et Jean Coutu sont également de souche québécoise. D’autant plus que certaines grandes chaînes québécoises qui vendent des produits d’ailleurs vous permettent souvent d’avoir accès à des items à plus bas prix. Ces produits ne sont peut-être pas tous faits au Québec, mais l’argent dépensé se retrouve tout de même dans des poches québécoises.

Manger local de diverses façons

Manger local est sans contredit une manière facile et rapide de contribuer promptement aux initiatives locales. On peut, certes, aller acheter ses aliments directement chez les producteurs maraîchers ou autres, ou dans les marchés fermiers, mais l’épicerie permet aussi de manger québécois aisément sans se ruiner. On trouve dans nos épiceries et dans certaines grandes surfaces des produits de base comme le lait, les fruits et légumes et les œufs du Québec. Les pâtes alimentaires, les condiments, les produits de l’érable (un classique), les aliments surgelés et préparés, les cafés et les boissons alcoolisées de chez nous sont facilement remarquables grâce à leur étiquette Les Aliments du Québec, et se vendent aussi à bon prix.

Les produits non vendus en épicerie et les petites boutiques de quartier

De même, pourquoi ne pas encourager les artisans d’ici, qu’ils soient du domaine alimentaire ou non ? On en trouve dans plusieurs domaines : produits santé beauté, herboristeries, chocolateries, boulangeries, serres, produits ménagers locaux, friandises glacées, designers de vêtements ou d’accessoires déco, fabricants de meubles, bijoux, produits pour animaux de compagnie et plusieurs autres. On trouve pratiquement de tout fabriqué au Québec, aujourd’hui. Certains artisans et manufacturiers ont même leur petite boutique de quartier et plusieurs ont des sites web. L’inverse est aussi vrai. On peut se procurer ailleurs au Canada ou hors frontières des produits québécois ou canadiens, lorsqu’on voyage. Prenons l’exemple des spectacles du Cirque du Soleil, qui se produisent à l’étranger. On achète ailleurs, mais on encourage la fibre entrepreneuriale québécoise.

Encourager le produit ou le détaillant ? 

Il s’agit d’une question qui mérite réflexion. La réponse n’est pas simple et certains doivent choisir entre leur pouvoir d’achat et leurs convictions.  Il n’y a pas de situation qui est meilleure que l’autre. Cependant, pour les consommateurs au budget serré, la question monétaire peut s’avérer déterminante. Pour les consommateurs pour qui l’argent ne constitue pas un problème, les limites se situent surtout autour de l’autosuffisance locale ou régionale. Le Québec est loin d’être autosuffisant dans tous les domaines. L’équilibre entre les deux options semble être la solution la plus équitable à la fois pour son portefeuille et pour l’économie d’ici.


Crédit Photo @ Municipalité du Village de North Hatley

Partager cette publication

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *