Amendes pour les cyclistes : une hausse déraisonnable?

Par Léonie Faucher

Le 28 mars 2018, le gouvernement Couillard a voté pour la motion sur le projet de loi 165 modifiant le Code de la sécurité routière. C’est une hausse de 433 % des amendes pour les infractions à vélo qui est à prévoir si le gouvernement va de l’avant. Vélo Québec tente de dissuader l’adoption de cette loi. Le Collectif s’est entretenu avec une cycliste, Laurie Demers, pour voir l’impact immédiat sur les adeptes.

La loi vise la sécurité

La grande question est : pourquoi augmenter les amendes des cyclistes? L’objectif du projet de loi 165 est d’augmenter la sécurité sur les routes partagées par différents usagers. Notamment, la sécurité des cyclistes serait revue en ajustant à la hausse la distance entre eux et les automobiles sur les routes.  Néanmoins, la loi prévoit rehausser les amendes des cyclistes de plus de 400 %. Sachant que les amendes variaient entre 15 $ et 30 $ (plus les frais de 15 $), les nouvelles amendes incluant les frais divers applicables seront de 127 $, peu importe l’infraction.

Et les cyclistes là-dedans?

Le Collectif s’est entretenu avec Laurie Demers, une travailleuse sociale adepte de sports et de plein air. « Je diversifie beaucoup mes sports, mais j’essaie d’inclure le vélo toutes les semaines. En période estivale, je compte inclure une à deux sorties par semaine à vélo pour la plaisance », explique-t-elle. Ce qui attire l’attention de la sportive, c’est l’absence de distinction de la dangerosité de l’infraction : « En automobile, les amendes sont ajustées en fonction de la gravité du geste du conducteur. Pourquoi ne pas transposer cette équité aux cyclistes? Est-ce que la population québécoise est de moins en moins tolérante envers les cyclistes sur la route? » Néanmoins, la pratique de vélo de Laurie Demers demeurera la même, elle qui a l’habitude de vérifier son vélo chaque printemps tout en assurant son entretien tout l’été. Elle s’assure de respecter le code de signalisation routière, surtout avec son enfant à l’arrière. Elle soulève le point que les nouvelles amendes inciteront les cyclistes à vérifier davantage leur équipement et à respecter le code de la route. « J’espère qu’il y aura des statistiques fiables sur le sujet pour nous démontrer l’impact », mentionne Laurie Demers.

Vélo Québec dénonce la loi

Vélo Québec, organisme visant à développer la pratique du vélo, pense que viser directement ce qui crée le danger serait plus favorable que d’augmenter les amendes. Effectivement, dans un communiqué de presse, l’organisme affirme que l’augmentation sans fondement et sans distinction du type d’infraction devrait tenir compte du niveau de dangerosité de l’infraction commise : « Concrètement, cela signifie qu’un cycliste doté de pédales automatiques, dont les souliers ne sont pas munis de réflecteurs, sera passible de deux contraventions, pour un total de 254 $ », partage l’organisme. Ce qui choque, c’est que les amendes sont plus hautes que le prix d’achat de la majorité des vélos qui circulent. D’ailleurs, pour adoucir le changement, Vélo Québec propose à monsieur André Fortin, le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports et à son gouvernement de revoir à la baisse les amendes aux cyclistes. Selon l’organisme, un montant de 30 $ à 50 $ serait plus convenable représentant déjà un doublement des sanctions. En plus des frais administratifs, l’amende serait de 63 $ par infraction, ce qui est amplement dissuasif d’après Vélo Québec.

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