American Hustle : La rédemption d’un arnaqueur chronique

Par Alexandre Blanchard

Irving Rosenfeld est faux. Du plus profond de son âme jusqu’à sa perruque, Irving n’est que mensonges et illusions. Il souhaite cependant repartir à zéro, abandonner toutes ses mauvaises habitudes pour recommencer sa vie du bon pied. American Hustle de David O’ Russell (The Fighter, Silver Linings Playbook) raconte comment il tentera d’y arriver.

« Les gens croient ce qu’ils ont envie de croire » claironne Irving au moment où l’intrigue prend véritablement son envol. Cette phrase résume bien l’ensemble de l’oeuvre. En effet, dans ce long métrage de 138 minutes, on traite de la vie et de l’entourage du petit escroc ventru à travers ses lunettes teintées de désillusions et d’écrans de fumée. Rosenfeld et son amante (interprétée par la ravissante Amy Adams), dont il est amoureux fou, forment un duo d’arnaqueurs qui gagnent leur pain en volant celui des autres. Tout semble bien aller pour les joyeux tourtereaux jusqu’au jour où un agent du FBI du nom de Richie DiMaso (Bradley Cooper) s’engage dans une « transaction » avec eux et les arrête. L’homme de loi mégalomane promet la liberté aux criminels en échange de leur coopération pour l’aider à piéger et à incriminer d’autres pièces du grand échiquier de la corruption. Pris au piège, Rosenfeld n’a d’autres choix que d’acquiescer. C’est donc à travers une réalisation brillante, soutenue par un montage maîtrisé, lui-même alimenté de flash-backs géniaux, que l’on suit le trio dans cette entreprise qui prendra rapidement de l’ampleur. Poussé par une soif insatiable de gloire et d’avidité, DiMaso verra rapidement plus grand que nature, et décidera alors de s’attaquer à de grosses têtes de la mafia, ce qui rendra l’aventure forcément plus risquée pour tous les protagonistes impliqués.

L’intrigue, au départ bien simple, mais qui deviendra très vite complexe, sera nourrie par un formidable « carré » amoureux. Bien que les histoires d’amour ont souvent la fâcheuse tendance à alourdir le scénario, je suis forcé d’admettre qu’ici, c’est bien le contraire : les amourettes sont tellement bien ficelées et ingénieusement amenées qu’elles sont partie intégrante du succès du récit.

Outre l’intrigue, il y a plusieurs raisons apparentes qui font d’American Hustle un film si plaisant à visionner. On pourrait citer comme exemple l’esthétique léchée qui colle parfaitement à l’époque dans laquelle se déroule l’histoire, ou encore, le sujet s’avérant traité avec une telle légèreté et un humour tellement bien dosé qu’il s’en trouve fortement divertissant. Cependant Top College Papers, je dirais que son point le plus fort demeure incontestablement notre attachement aux acteurs qui se forge tout au long du film. Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper et Jennifer Lawrence forment un quatuor tout simplement exquis. La chimie entre les acteurs transperce la lentille de la caméra, et ce, pour notre plus grand amusement.

Doté d’une narration brillante et ambitieuse, ainsi que d’un humour et d’une touche de légèreté énormément rafraîchissante, American Hustle possède tout d’une oeuvre cinématographique qui offre une expérience des plus agréables, et dans laquelle on embarque, pour reprendre l’expression même du film, « des pieds à la tête ».

American Hustle : 6/7


Crédit photo © zimbio.com

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