Appelle-moi par ton nom : d’une sensualité déroutante et honnête!

Par Érika Aubin

Le 19 janvier dernier prenait l’affiche, à La Maison du Cinéma, le film Appelle-moi par ton nom. Cette production, signée par le réalisateur italien Luca Guadagnino, a été adaptée d’après le roman Plus tard ou jamais, écrit par André Aciman.

Ce chef-d’œuvre cinématographique est déjà considéré comme étant l’un des meilleurs films romantiques jamais créés selon plusieurs critiques. Même Aciman, l’écrivain du roman à l’origine du film, a affirmé « En tant qu’auteur, je me suis retrouvé à me dire,  ”wow, ils ont fait mieux que le livre”. »

Appelle-moi par ton nom est mis en nomination aux Oscars dans les catégories meilleur film, meilleur acteur (pour le rôle d’Elio), meilleur scénario adapté et finalement meilleure chanson originale. Le Collectif a cherché à démystifier l’engouement derrière ce film.

Un scénario d’amour comme un autre

La première scène prend place en 1983, quelque part dans le nord de l’Italie. Elio (Timothée Chalamet), un jeune artiste de 17 ans, rencontre Oliver (Armie Hammer) pour la première fois. Ce dernier, un Américain aussi beau qu’arrogant, débarque dans la villa familiale et s’y installera pour les six prochaines semaines. Chaque année, un étudiant étranger aide le père d’Elio avec ses recherches académiques en art. Oliver passe la plupart de ses journées à travailler, à se prélasser au soleil et à intriguer un peu tout le monde.

Pendant qu’Elio explore sa sexualité avec son amie d’enfance, Marzia, Oliver a lui aussi sa conquête estivale. Mais les deux hommes apprécient drôlement le temps passé ensemble à se baigner ou à se promener en bicyclette dans les campagnes. Après une longue journée à se balader, Elio embrasse Oliver spontanément et celui-ci lui retourne son baiser. Ils commenceront à se découvrir, à se désirer et à s’aimer.

Pendant un moment d’intimité partagé, Oliver chuchote à Elio : « Appelle-moi par ton nom et je t’appellerai par le mien. » Ils se sentent alors liés d’une façon qui leur est unique. La scène nous transporte dans la même chambre qu’eux et transmet l’émotion des amants si facilement.

La beauté qui s’y cache

Parce que oui, ce film cache une réelle beauté, un je-ne-sais-quoi qui le distingue des autres clichés. Le réalisateur réussit à accrocher le spectateur et l’emporte au cœur de la passion. La sincérité émotionnelle qui s’y dégage donne l’impression de revivre un premier amour en même temps qu’Elio vit le sien. Par exemple, lors d’une séquence en particulier, la caméra tremble légèrement pendant que les amants s’abandonnent l’un à l’autre. Cela teinte la scène d’érotisme et de spontanéité.

En lisant plusieurs critiques, il est clair que le ton sensuel a été apprécié. Pourtant, le réalisateur a affirmé qu’il eut peur d’aller trop loin durant le tournage. On le remercie maintenant d’avoir osé, en particulier lors du passage tant attendu où Elio se masturbe avec une pêche. Une scène aussi étrange que sincère, puisqu’elle est pleinement assumée par les acteurs.

De toute évidence, Luca Guadagnino est parvenu à adapter au grand écran Appelle-moi par ton nom avec tout autant de caractère que le roman. Il a su garder l’érotisme et construire de belles scènes avec un budget plus que modeste. Les quatre nominations aux Oscars ont été durement méritées.


Crédit Photo @ Appelle-moi par ton nom

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