Par Béatrice Palin

L’art prend mille et une formes et les cours du certificat en arts visuels permettent d’en explorer une large variété. Les étudiants du cours ART222 – Pratique environnementale de l’in situ ont eu l’opportunité d’ajouter à leur portfolio une forme d’art peu connue des non initiés. La pandémie leur a donné une contrainte supplémentaire, car le cours a vu son format changer pour être donné à distance. Jetons donc un coup d’œil sur leurs créations.

Mais qu’est-ce que l’in situ?

Le terme « in situ » est une locution latine signifiant « dans son milieu naturel ». En attachant ce terme à une forme d’art, on implique donc la création d’une œuvre prenant en considération l’environnement et le contexte dans laquelle elle est créée. L’œuvre est partie intégrante de l’endroit où elle est exposée. Elle ne peut être transportée pour être exposée dans un autre endroit, car elle perd alors tout son sens. L’art urbain en est un bon exemple. On ne peut pas prendre un graffiti dans la rue et le mettre dans un centre d’exposition.

Le projet 

Le projet sert d’évaluation finale dans le cadre du cours ART222. Les étudiants-artistes doivent créer une œuvre en prenant en compte un emplacement et un contexte déterminés par ceux-ci. Avec l’arrivée du confinement à la mi-session, le cours se donne à distance et les étudiants se retrouvent isolés. Cet isolement teint les œuvres et leur donne un fil conducteur : la solitude et le besoin de partager. Les créations ont aussi pour inspiration les impacts environnementaux et sociétaux de la pandémie, du capitalisme et de la société de consommation.

Mes coups de cœur

19 artistes ont donné naissance à 19 œuvres. Je vous présente ici mes trois coups de cœur.

Arianne Arshinoff-Foss – Nids de poules

Source: UdeS

Avec Nids de poules, Arianne rend visible l’invisible. Elle trouve inspiration dans une des frustrations quotidiennes les plus fréquentes : les nids de poule. En ceux-ci, elle voit un symbole du développement humain et de l’impact de celui-ci. Elle prend la route ludique en ornementant les fosses de nids de poule au sens littéral du terme.

Jeanne Bédard – Liens

Source: UdeS

La solitude et l’isolement du confinement inspirent son projet. Jeanne remarque un intérêt accru pour la randonnée en forêt durant la pandémie. Durant une de ces randonnées, elle observe un homme faire un câlin à un arbre. De cette péripétie est né Liens. Elle demande aux randonneurs du parc du Bois-Becket de se prendre en photo en train de faire un câlin à l’arbre de leur choix et assemble le résultat pour former une mosaïque empreinte d’amour. L’être humain reste un animal social et l’artiste le démontre à merveille. Cette œuvre m’a personnellement émue.

Annie-Claude Côté Collin – Ce que l’on ne voit pas

Source: UdeS

Le cabinet de curiosités est un format qui m’attire beaucoup. Il est ici utilisé dans le but très noble de mettre de l’avant ce que l’on ne voit pas, comme l’indique le titre de l’œuvre. Lorsqu’on marche le long des sentiers du marais de la rivière Saint-François, on ne remarque pas nécessairement les petits détails, les signes d’habitation du marais par la faune et la flore. Annie-Claude prend le temps d’observer le marais et collecte une variété de spécimens (ossements, végétaux, etc.) qu’elle agence dans une installation temporaire sur le sentier des pilotis. Une œuvre toute simple qui parle beaucoup.

Pour voir les créations de tous les artistes-étudiants :

https://www.usherbrooke.ca/dall/futurs-etudiants/premier-cycle/certificat-en-arts-visuels/insitu2020/


Crédit Photo En-tête @ Jessica Renaud

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