Au-delà du référendum

societe-referendum-creditQuestforCamelot-WarnerBrosPar Rodrigue Turgeon

Cet article vous est présenté afin d’éclaircir votre compréhension de l’actualité politique universitaire. Afin d’éviter toute subjectivité, nous nous limiterons à l’étude des faits historiques qui ont façonné le paysage des associations universitaires jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, nous serons mieux outillés pour anticiper ce qui nous attendra à la suite du dépouillement des votes, et ce, peu importe les résultats. D’emblée, gardez à l’esprit ce que la réalité géographique oblige : l’Université de Sherbrooke est identifiée à l’échelle provinciale comme étant une université régionale.

Historique

Au lendemain de la grève étudiante de 2005, la Fédération Étudiante des Universités du Québec (FEUQ) réunissait pratiquement toutes les associations universitaires québécoises. Mais comme c’est souvent le cas après une bataille perdue, le mouvement uni qu’était la FEUQ commença à se fragmenter. On note une demi-douzaine de désaffiliations d’associations étudiantes de 2005 à 2010. De l’Outaouais, représenté par l’AGEUQO, aux membres de l’AGEUQTR en passant par nos concitoyens Sherbrookois du REMDUS, les premières divisionnaires étaient toutes des associations d’universités régionales. Sitôt désaffiliées, certaines d’entre elles se regroupent en instances supérieures, bien qu’étant de taille plus réduite que la FEUQ. Chose certaine, durant l’ère pré-2012, la FEUQ qui formait jadis un état unitaire voit ses effectifs décroitre et ne peut que constater la montée de la formation d’agglomérations d’associations étudiantes régionales.

Et puis vint la grève de 2012. Comme on s’en doute, cette période constitue un moment critique dans la saga des relations universitaires. En janvier 2013, les associations toujours affiliées à la FEUQ se rassemblent pour faire leur bilan d’après-guerre. Soucieuses, quatre associations universitaires régionales (parmi lesquelles figuraient la FEUS et l’AGEUQAT de l’Abitibi-Témiscamingue) présentent un mémoire conjoint visant à ce que leur poids démocratique ne diminue pas à la suite de l’imminente révision de la Politique de gestion des instances de la FEUQ. Une mésentente concernant la position à adopter en ce qui concerne cette proposition force le report du point jusqu’en août 2013. Entre-temps, la FEUS essuie à la fin mars un revers dans sa première tentative référendaire de désaffiliation par seulement 73 votes.

Universités métropolitaines, universités régionales

Au moment de la parution de cet article (mardi le 18 novembre), la FEUQ est principalement constituée d’associations étudiantes d’universités de Montréal auxquelles s’ajoutent deux universités régionales : la FEUS et l’AGEUQAT.

Se pose maintenant la question suivante: existe-t-il une réelle distinction entre associations d’universités métropolitaines et celles régionales? Bien placés pour y répondre, les conseils exécutifs de l’AGEUQAT et de la FEUS, joints la semaine dernière, ont accepté de nous éclairer sur le sujet. Selon l’AGEUQAT, « [les universités régionales n’ont] pas un statut particulier, cependant nous avons des enjeux bien distincts des universités de Montréal ou de Québec. Nous entendons ici des enjeux plus spécifiques aux régions tels que le transport, le manque de logement et le manque de vie étudiante. » Concernant ces deux derniers éléments, rappelons que l’AGEUQAT siège en Abitibi-Témiscamingue. La FEUS affirme quant à elle qu’il existe bel et bien un « statut particulier aux associations régionales. » Julie Chamberland, responsable aux affaires nationales et politiques à la FEUS, enchaîne en rappelant que « dans les grands centres, il n’existe pas de quartier universitaire tel celui que l’on connaît à Sherbrooke. De plus, le service de transport qu’il offre [sic] n’est pas adapté seulement aux étudiants, mais à toute la population. Ici, 60% des usagers de la STS sont des étudiants. »

Au-delà de ces différences apparentes, les associations étudiantes, qu’elles soient de Montréal, de Sherbrooke ou d’Abitibi, sont toutes directement touchées par plusieurs enjeux communs. Pour l’AGEUQAT, « les coupures de budget qui ont été annoncées par le gouvernement dans les universités [...] et les mesures entreprises par ce même gouvernement pour l’austérité » sont l’affaire de tous.

La Table des Régions

Si les associations universitaires régionales des quatre coins de la province ne logent plus à la même adresse, elles n’ont pas pour autant cessé de se réunir. En effet, depuis le début de 2014, les associations étudiantes de plusieurs universités régionales - qu’elles soient encore affiliées ou non à la FEUQ - se réunissent autour de ce que l’on appelle la Table des Régions.

« Les associations étudiantes des universités de régions se rassemblent à toutes les sessions pour discuter des enjeux réels régionaux qui peuvent toucher certains campus comme le nôtre » nous explique madame Chamberland. Dans la foulée, elle nous assure que le climat qui y règne en est un « d’écoute, d’entraide et de concertation. »

Cependant, comme l’AGEUQAT nous le rappelle « jusqu’à présent, il n’y a pas de mandat officiel d’affiliation nationale pour les membres de la Table des régions. » En peu de mots, cela signifie que les différentes associations qui y prennent part n’ont pas encore procédé à l’adoption de leur Charte constitutive. Pour la FEUS, cela ne saurait tarder puisque « la prochaine table aura lieu du 6 au 8 février 2015, à l’UQO, où deux jours seront consacrés à travailler sur le projet d’une association nationale. » Les Abitibiens estiment quant à eux qu’elle sera l’occasion d’avoir l’heure juste sur les orientations que le projet prendra : « La prochaine Table des régions permettra aux membres de partir avec la même idée puisque ce sera une journée de concertation et de formulation de la structure de l’association. »

En toute neutralité, que la FEUS se désaffilie ou non de la FEUQ, un fait demeure : sa place à la Table des régions lui permettra dans les deux éventualités de continuer à échanger avec les autres associations étudiantes de la province.

Note : Les informations historiques révélées dans cet article sont extraites du « Mémoire de l’AGED sur la création d’un regroupement des associations étudiantes de régions » rédigé par Monsieur Léo Fugazza, représentant de l’AGED au conseil de membres de la FEUS.

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