Austérité : les universités Sherbrooke et Bishop’s fusionnent

Sherbrooke et Bishop's

Le Collectif apprend en exclusivité que, dans la foulée des compressions budgétaires imposées par le gouvernement libéral,  l’Université de Sherbrooke et l’Université Bishop’s fusionneront graduellement au cours de l’année 2015-2016.?? L’exercice vise à réduire les dépenses grâce à des fusions administratives.

Conclue entre les deux universités, cette entente permettrait des économies évaluées à 50 millions de dollars par année, un montant plus que suffisant pour éponger les dernières compressions. L’annonce officielle sera faite en fin de journée, lors d’une conférence de presse tenue par la rectrice de l’Université de Sherbrooke, Luce Samoisette, et son vis-à-vis de Bishop’s, Philip Matthews.

Après avoir coupé des postes de chargés de cours, sabré dans le budget des facultés et annoncé la disparition de la Faculté de théologie, l’Université affirme ne plus avoir le choix. « On ne veut pas pénaliser davantage les étudiants, mais on ne sait plus quoi faire.  Augmenter les frais de scolarité ou les frais institutionnels obligatoires n’est pas une option envisageable, ni pour le gouvernement ni pour l’Université », explique Martin Buteau, recteur adjoint et vice-recteur aux ressources humaines et financières. « On se retrouve entre l’arbre et l’écorce », rajoute-t-il. Selon lui, la proximité géographique entre les deux établissements faciliterait l’opération.

Quelles conséquences pour la population étudiante, alors? « L’offre de programmes sera bonifiée, puisque les cours offerts à Sherbrooke et à Bishop’s seront ouverts à tous », promet M. Buteau. Le nom résultant de la fusion n’a pas encore été formellement décidé, bien que « Université BiSherbrooke’s » circule déjà entre les branches. Certains aspects de l’expérience universitaire seront appelés à changer, estime M. Buteau, notamment en ce qui concerne les équipes sportives. « On ne peut évidemment pas garder le nom de Vert & Or. On penche plutôt pour le Vert & Mauve, de manière à harmoniser les deux traditions sportives déjà existantes. »

Il y aura vraisemblablement d’autres ajustements nécessaires du côté linguistique. L’Université Bishop’s étant une université anglophone, certains cours d’un même programme pourraient être offerts en anglais plutôt qu’en français, et vice-versa. L’application de la loi 101 poserait aussi problème, puisque les établissements anglophones ne sont pas actuellement visés par cette législation. « Nous sommes en communication avec l’Office québécois de la langue française et on nous assure là-bas de leur collaboration pour mener à bien la fusion », ajoute M. Buteau.

Les associations étudiantes des deux établissements devront aussi s’entendre entres elles. Puisqu’il ne peut y avoir qu’une seule fédération étudiante  au premier cycle par université, la FEUS devra entamer des discussions avec le Students Representative Council de Bishop’s concernant l’avenir des deux regroupements. Il faudra aussi s’assurer que les étudiants de Bishop’s souhaitent être représentés par la FEUQ au niveau national, comme le sont actuellement les étudiants de Sherbrooke.

Nouveau blason, nouveau  logo, nouvelle équipe sportive…  De nombreux bouleversements sont à prévoir pour la future Université BiSherbrooke’s, et l’administration s’attend à de l’opposition du côté des étudiants : « C’est sûr que les étudiants vont trouver ça difficile sur le coup, mais je pense qu’ils s’adapteront. C’est ça ou on augmente les frais de scolarité! », répond Martin Buteau.

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