Avocat de la défense : les bienfondés de la profession!

Par Julie Martineau

Force est d’admettre que, dans la société moderne, tout un chacun conçoit ce qui l’entoure de façon très arrêtée. Les différents métiers notamment, sont sujets à des préconceptions relativement généralisées. Les pompiers, par exemple, inspirent instinctivement beaucoup de respect et d’admiration. À l’opposé, les avocats de la défense sont généralement jugés sévèrement par leurs concitoyens. Ces derniers les considèrent comme des alliés à la criminalité alors qu’ils sont véritablement des officiers de la justice participant, par le fait même, au bien-être public. Vous continuez d’en douter? Il vous faut donc absolument poursuivre votre lecture afin de connaître les trois motifs fondant les bienfondés de la profession de criminaliste.

L’importance de leur rôle par rapport à leur client
Tout d’abord, la pratique du droit criminel va indéniablement de pair avec le fait de faire une véritable différence dans la vie des gens. En effet, la maxime latine applicable au droit criminel le dit elle-même : De minimis non curat lex, c’est-à-dire que la loi ne se soucie pas de bagatelles. L’avocat de la défense, aussi bien que le procureur de la Couronne, n’intervient, effectivement que lorsqu’il s’agit de trames factuelles dénudées de toute forme de frivolité. Chaque dossier change la vie de quelqu’un! Ne serait-ce que pour cette grande influence qu’ils ont sur l’avenir de leur client, les avocats de la défense méritent tout votre respect. D’ailleurs, il importe de garder en mémoire que ledit client, pour qui vous proférez du dédain dans votre tête en lisant ces lignes, pourrait très bien être quelqu’un de votre entourage. En effet, il pourrait s’agir de votre petite sœur qui a conduit en état d’ébriété, un seul soir, ou de votre frère qui est accusé de leurre informatique pour avoir tenu des propos à consonance sexuelle lors d’un échange sur Internet avec une fille mineure, certes, mais qui n’est sa cadette que de quelques années. Personne n’est complètement bon ni complètement mauvais et chacun mérite qu’un avocat s’attarde à sa cause.

Les droits fondamentaux de l’accusé
Directement enchâssé dans la Constitution, la loi canadienne dominant toutes les autres, par l’entremise de la Charte canadienne des droits et libertés, le droit de l’accusé à une défense pleine et entière est indéniable . La Cour suprême du Canada a d’ailleurs affirmé que « le droit de présenter une défense pleine et entière constitue un des piliers de la justice criminelle, sur lequel nous comptons grandement pour assurer que les innocents ne soient pas déclarés coupables.» Tout aussi fondamentale, la présomption d’innocence est, elle aussi, partie intégrante de la Charte, en plus d’être formulée implicitement dans le Code criminel. Parmi tous les droits dont jouit un individu, ceux-ci sont probablement les plus fondamentaux en égard à la situation de l’accusé. L’assurance que ces droits seront respectés justifie, à elle seule, l’exercice de la profession d’avocat de la défense.

Le rôle fondamental d’un avocat de la défense dans notre système de justice
S’il comporte des lacunes, notre système de justice n’en demeure pas moins envié autour du globe. Il ne fait pas de doute que les droits fondamentaux susmentionnés participent de sa justesse et de son efficacité. Or, qui dit droits, dit professionnels du droit. En effet, il est indéniable que l’avocat de la défense soit l’allié tout indiqué lorsqu’il s’agit de faire respecter les droits fondamentaux de l’accusé, lesquels, faut-il le répéter, constituent la pierre angulaire de la réussite de notre système de justice.

Il importe de souligner que l’avocat est là, non seulement pour faire valoir les droits fondamentaux de l’accusé, mais aussi pour soulever les lacunes dans la preuve de la poursuite. Lorsque celles-ci sous-tendent un doute raisonnable, l’accusé devra être déclaré non coupable, acquittement dont il sera souvent redevable à son avocat. Ce lourd fardeau pour le ministère public que représente la preuve hors de tout doute raisonnable participe d’une prémisse centrale : le droit criminel préfère un coupable acquitté à un innocent condamné! Aussi, l’intervention de l’avocat de la défense s’inscrit dans le principe du débat contradictoire, lequel est essentiel à la recherche de la vérité. L’avocat de la défense occupe donc un rôle de premier rang lorsqu’il s’agit de l’efficacité de notre système et, plus largement, de justice dans notre pays.

À la lumière des propos tenus ci-devant, force est d’admettre que les préconceptions entretenues par plusieurs eu égard à la profession d’avocat de la défense sont mal fondées. Sans doute, le système juridique est un univers méconnu à l’intérieur duquel les rôles de chacun échappent à la connaissance générale. Le criminaliste n’est pas le « méchant » du système, tous les accusés n’en étant pas eux-mêmes. En effet, s’il est vrai que le criminaliste travaille de concert avec ceux qui font face à des accusations criminelles, il faut se souvenir que l’innocence existe! Aussi, ceux qui ont effectivement commis un crime doivent être jugés, certes, mais ils doivent l’être dans le respect de leurs droits. Pour l’une et l’autre de ces situations, l’avocat de la défense exerce un rôle essentiel. Gardez tout ceci en mémoire et référez-vous s’y la prochaine fois que vous sentirez que vous jugez négativement un criminaliste sur la face même de sa profession.


Crédit photo © avocat-jssnews.com

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