Bienvenue au Block Party!

Par Josiane Demers

Le 17 juillet dernier, lors de la 38e édition de la Fête du Lac des Nations, s’est produit une icône de la scène musicale internationale. Vers 22 h 15 la musique commence. L’ambiance est électrisante. Wyclef Jean entre sur scène accompagné de ses musiciens et d’un DJ. Les applaudissements retentissent. La mélodie se précise. L’artiste entame son spectacle par un succès des Fugees, qui est aussi une reprise de Bob Marley, No woman no cry.

The Fugees

Pour les fans de longue date, The Fugees, ce groupe hip hop des années 1990, dévoile Wyclef Jean au grand public. Aux cotés de Lauren Hill et de Pras Michel, le rappeur récolte un succès populaire important lors de la parution de l’album The Score en 1996. Au grand plaisir des festivaliers, Wyclef reprend également Ready or Not et le méga tube Killing me softly. La foule connaît les paroles par cœur et le chanteur se plait à laisser ce cœur improvisé s’époumoner.

Block Party

Le concept du spectacle est simple, mais tout de même efficace. L’artiste veut recréer une grande fête de cartier. Il est évident qu’il souhaite que la foule ait du plaisir. Connu pour ses multiples collaborations avec divers artistes populaires, il enchaîne les succès pour faire danser les fans. Des chansons comme Maria Maria, Hips don’t lie et 911 mettent rapidement le feu à l’ambiance.

Multi-instrumentiste

Wyclef Jean s’empare d’une guitare dès les premières chansons. On l’a plus tard vu jouer du clavier, du tam tam et de la basse. Bien qu’il soit clair que l’artiste s’amuse, ces moments ne passeront pas à l’histoire. Ce rappeur de talent peut jouer de chaque instrument de façon adéquate, mais n’est pas un multi-instrumentaliste doué.

Implication sociale

Avant d’interpréter la chanson Sweetest Girl, monsieur Jean partage la source de son inspiration pour cette chanson. Il parle, dans cet œuvre, du trafic humain. Il poursuit en expliquant que la société doit travailler plus fort pour enrayer des problèmes tels l’esclavage et le travail forcé des enfants. L’implication sociale et la politique ne sont pas des domaines inconnus de l’artiste. En effet, en 2010, il tente de poser sa candidature aux élections présidentielles d’Haïti, son pays d’origine. À plusieurs reprises pendant le spectacle, il exprime son mécontentement face au président des États-Unis, Donald Trump, tout en écorchant au passage le rappeur connu, Kanye West.

Un bon moment mais une déception pour les vrais fans

Pendant le spectacle, le rappeur veut, de façon évidente, faire plaisir à la foule et semble être conscient que le festival peut attirer des gens de tous les âges et de tous les milieux. C’est pourquoi il a presque exclusivement interprété les titres qui ont été diffusés à la radio. Malheureusement, cela n’est pas toujours gagnant, car ses multiples collaborations ont souvent été avec des femmes. Il aurait été judicieux d’engager une femme choriste qui aurait pu couvrir ces mélodies puisque la foule a alors droit à des enregistrements ou des bouts de chansons entrecoupés. L’esprit de fête reste bien présent, mais les vrais fans s’étaient déplacés pour l’autoproclamé Free style king.

Wyclef Jean a créé plusieurs albums au fil du temps et est essentiellement un rappeur. Le public n’a alors que quelques courts moments pour savourer ce talent. Des chansons moins populaires comme Sang Fezi et Yelé se font seulement entendre en partie. Heureusement, l’artiste termine le spectacle en rappel avec Redemption song et The carnival.

Festif à souhait

Somme toute, Wyclef Jean sait créer une ambiance enflammée. Il est généreux avec le public et descend même de la scène pour aller à la rencontre des fans. Ce spectacle était donc très agréable, quoique moins interpellant pour les fans de longue date.


Crédit Photo @ Wyclef Jean

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