Bistro chez Phil : vin rosé et gaspacho nouveau genre = des pouffées de rire à n’en plus finir

Par Catherine Foisy 

C’est une soixantaine de fous rires qui retentirent dans la salle du Parvis alors que le dernier punch de la pièce se fit entendre, le jeudi 11 août dernier.  Ce soir-là, pour la dix-septième fois, la troupe du Potluck nous présentait sa pièce de théâtre d’été Bistro chez Phil. Pas une minute ne s’écoula sans qu’esclaffements ne surplombent le silence de l’audience.  

Si l’ultime mission du théâtre d’été est de provoquer les rires les plus débridés chez les spectateurs, Bistro chez Phil est carrément une réussite.

Une recette gagnante aux saveurs du jour

Il est vingt heures trois. Raphaëlle B. Adam, l’agente d’information du Parvis, prend le micro. Elle explique la programmation qui suivra la saison estivale, elle parle des artistes dont les toiles figurent sur les murs. Bien entendu, elle souligne le travail de la troupe du Potluck et invite l’audience à passer le mot si elle aime la pièce (ce que je fais). Puis, rapidement, nous, les spectateurs, sommes laissés dans une noirceur totale. Promptement, les projecteurs s’allument. Notre œil est attiré vers le côté cour de la scène. On y aperçoit un Phil, interprété par Simon Turcotte, peu vêtu, les cheveux en bataille, les yeux braqués sur son téléviseur (imaginaire), où il écoute un documentaire sur la Rome Antique. Le téléphone retentit. À l’autre bout du fil, c’est son grand chum Patrick, joué par Guillaume Bouliane-Blais. Affolé, celui-ci demande à Phil de le remplacer quelques minutes au bistro Chez Paul, où il travaille. Après plusieurs tentatives de persuasion, Phil enfile ce qu’il juge être sa plus belle chemise et son plus beau pantalon et quitte à toute vitesse, direction le bistro.

Ce qui devait être quelques minutes devient plutôt quelques heures. Des heures pendant lesquelles Phil devra jongler et improviser avec ses connaissances plus que rudimentaires sur le métier de serveur. Il devra composer avec la nervosité extrême, voire malaisante de Nadya Fréchette qui incarne Odile, qui attend en vainc l’homme avec lequel elle se voyait passer un doux moment. Il s’emmourachera d’une Coralie, un rôle tenu par Alexe Laroche, venue espionner Patrick, le chum de son amie Anne-Marie, celle-ci soupçonnant une histoire de tromperie. Il devra également improviser afin de répondre aux demandes de Lorette, interprétée par Sabrina Pariseau, celle-ci ne le quittant jamais des yeux, et du corps…

Quelque part, au milieu de ces trois femmes aux personnalités antipodiques, Phil tentera le tout pour le tout, guidé par une grande insouciance à tout le moins attachante.

Si le théâtre d’été ne date pas d’hier, et qu’il traite de termes relativement récurrents, mentionnons que l’histoire, bien que constituée de suites relativement prévisibles, avait tous les éléments pour faire de ces deux heures de théâtre un deux heures fort égayant. Ces hommes, ces femmes, ces quelques adolescents dans la salle avaient l’air de passer un moment fort agréable. Les comédiens, sur scène, eux aussi semblaient s’amuser. D’ailleurs, au moment des applaudissements de la fin, nous avons même eu droit à une brochette de comédiens tout sourire, dansant, qui respiraient un air heureux.

Un jeu presque irréprochable

Parlant de cette brochette de comédiens, celle-ci fut fort impressionnante. Du début à la fin, bien qu’entourés d’une foule fort imposante par ses rires forts, les comédiens ont su garder leur sérieux. Même lorsque le téléphone cellulaire d’un des spectateurs se mit à retentir très fort, ceux-ci n’ont pas dérogé une seule seconde à leur texte.

Le théâtre d’été a la réputation d’être « trop de tout ». Le jeu des comédiens va dans le même sens, mais d’une très belle façon.

Nous avons eu droit à un Simon Turcotte des plus intenses, mené d’une constance du début à la fin de la pièce. Des hauts, des bas, mais un jeu inébranlable. Si les blagues dont Phil faisait usage pour différentes raisons n’étaient pas drôles, le comédien derrière l’œuvre, lui, l’était souverainement. Quant à Sabrina Pariseau, c’est probablement celle qui a provoqué le plus de remous chez le public. Derrière le personnage très loufoque, mais bien plausible de Lorette se cache une comédienne d’un talent remarquable. La jeune femme, ce soir-là, malgré son kit de matante quétaine, brillait de plein feu.

Nadya Fréchette également a su se fondre dans son personnage qui, avouons-le, relevait d’un degré de difficulté d’exécution supérieur. Mais, tout le long, nous y avons cru. Guillaume Bouliane-Blais, lui, a très bien rendu son rôle de grand séducteur.

Finalement, le personnage le plus sobre de la pièce, interprété par Alexe Laroche,  a quand même su se faire remarquer. Chose difficile, lorsque les comédiens avec qui l’on partage la scène occupent des rôles aussi frénétiques que ceux du Bistro chez Phil.

Bistro chez Phil est donc le parfait mariage d’une bonne histoire et d’un bon jeu de comédiens. Un petit baume pour les temps pluvieux qui courent. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à assister à l’une des dernières représentations.

Rappelons que la pièce est encore présentée les jeudis, vendredis et samedis à 20 h jusqu’au 20 août prochain.


Crédit photo © Facebook Bistro Chez Phil officiel

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