Par Mireille Vachon  

En ce début du mois de févrieret par le fait même du Défi 28jours sans alcool de la Fondation Jean Lapointe, Le Collectif s’est intéressé aux habitudes de consommation des étudiantes et étudiants de l’Université de SherbrookeQuelle place l’alcool prend-il dans la vie universitaire? Est-ce une substance nécessaire, plaisante, toxiqueRéflexion sur ce breuvage de prédilection des défunts5@8, des célébrations de fin de session et de plusieurs autres occasions! 

Même si février est le mois le plus répandu pour faire le défi sans alcool, plusieurs décident de le faire à d’autres moments dans l’année. C’est le cas notamment de Jasmine Rondeau, ancienne étudiante de l’UdeS 

C’est un lendemain de veille «un peu trop dur» qui lui a fait prendre la décision de relever le défi du 4janvier au 4février 2021. «En voyant un autre confinement qui approchait, j’avais envie de me reprendre et de faire mieux qu’au premier confinement total, où, avec mon chum, on s’ouvrait une petite bière presque tous les soirs pour faire une fête de ce drôle de moment et se remonter le moral», avance Jasmine, ajoutant qu’en bonus, le défi lui a fait économiser de l’argent.  

«Je ne cacherai pas non plus que j’avais envie de voir si ça pouvait avoir un bel impact sur ma santé générale et sur mon poids, si je prends bien le temps de bouger en même temps que je fais le défi», ajoute-t-elle.   

Quant à Virginie Roy, étudiante en communication, elle a décidé de le faire de la mi-novembre à la mi-décembre2020. 

«Au départ, je l’ai fait simplement parce que je voulais l’essayer, et cest à ce momentlà quça me tentaitJe trouvais que depuis le début de lautomne, j’avais bu plus que dhabitude, et je voulais prendre une pause», indique-t-elle.  

Roxanne Painchaud, ancienne étudiante à la maîtrise en philosophie, a pour sa part décidé de prolonger le défi au-delà d’un mois. «En fait, je n’ai jamais aimé l’alcool. Je buvais parce que cétait normal. Je ressentais une espèce de pression sociale qui sest exacerbée au cégep et à luniversité. Mais jai aussi choisi de faire ce défi-là parce que je n’aimais pas la personne que jétais sous leffet de substances, comme si jétais un personnage ou un mensonge. Et finalement… rien de pire que les hangovers», avoue Roxanne, qui n’a pas consommé d’alcool depuis un an. 

La pertinence du défi  

Les avis de la communauté étudiante sont partagés face à la pertinence du défi sans alcool dans la société. «Boire de l’alcool tous les jours, ce n’est clairement pas une bonne idée pour la santé, mais alors que je suis en plein dans le défi, je me demande si se priver de quelque chose de la sorte ne tend pas un peu trop vers le trouble alimentaire ou la diète malsaine. Est-ce que la solution ne serait pas plutôt de surveiller sainement sa consommation au quotidien, plutôt que d’arrêter un mois pour en abuser ensuite quand on a enfin le droit?» se questionne Jasmine Rondeau.  

Élisabeth Léonard et Victoria Croteau, qui étudient également les communications, n’ont jamais réalisé un défi de la sorte, mais se posent également la question. «Je pense que ça peut être bien pour certaines personnes, mais je ne sais pas si c’est sain. Pendant un mois, on se détoxifie, et après, on recommence à boire comme avant? Je comprends le but, mais je doute que ce soit la meilleure façon de gérer sa relation à l’alcool», croit Élisabeth.  

«À la base, si tu as besoin d’un défi pour ne plus boire, je trouve ça un peu problématique Si j’avais à arrêter de boire, je me questionnerais sur le pourquoi plutôt que de suivre la tendance d’un défi», renchérit Victoria.  

«Toutefois, si le défi du mois sans alcool peut servir de moyen d’éducation, je ne trouve pas que c’est une mauvaise idée de ce côté-là», ajoute-t-elle.  

Roxanne Painchaud estime quant à elle que ce genre de défi est pertinent «pour avoir une posture réflexive sur nos raisons de consommer» et pour «savoir distinguer nos envies des attentes et normes sociales». 

L’alcool à l’université  

Selon Paul Jr. Charron, qui a fait un retour aux études il y a quelques années, la consommation d’alcool dans les partys universitaires est «très responsable». «J’ai participé à plusieurs événements à titre d’étudiant et à titre d’organisateurs de 5@8 et des légendaires 5@11, et dans les deux rôles, j’ai observé une conscientisation responsable autour de la consommation d’alcool que je ne voyais pas par le passé», indique celui qui ne boit plus depuis près de 3000jours.  

Bien sûr, l’excès existera toujours, mais l’important est d’éduquer les gens à se comporter dans celui-ci, croit Paul. «Ce qu’il y a de formidable chez les jeunes, et plus précisément ceux de notre communauté étudiante, c’est qu’ils se sensibilisent eux-mêmes, et qu’ils dénoncent ouvertement les comportements inappropriés reliés à la consommation.» 

Malheureusement, même si la situation évolue, il restera toujours des comportements inappropriés. «Honnêtement, je trouve que la consommation dalcool à luniversité est parfois toxiquecar elle peut mener à des inconduites ou des comportements à caractère sexuel, à des débordements psychologiques intenses», regrette Roxanne Painchaud. «Il reste néanmoins que ça crée parfois des contextes favorables à la rencontre, mais je pense quon devrait moins se pencher sur la consommation dalcool pour y parvenir», ajoute-t-elle. 

«J’ai l’impression qu’il y a une assez forte culture chez les étudiants qui pousse à boire plus que l’on en a envie, ou à boire plus que l’on peut tolérer. Ça, ça reste assurément à travailler», conclut Jasmine Rondeau. 

Faire le Défi 28jours sans alcool t’intéresse? Visite le defi28jours.com pour avoir plus d’information ou fais-le sur une base personnelle au moment qui te convient.  

Ce genre de défi ne t’intéresse pasC’est bien correct aussi. L’important, c’est d’être à l’aise avec sa propre consommation d’alcool et de ne pas mettre de pression sur les autres ou sur soi-même.  

Sur ce, que ce soit à l’eau minérale ou à la bière… Cheers 


Crédit Photo @ Simon RD

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