Par Camille Sévigny 

CRITIQUE/C’est la série Netflix de l’heure, et ce, depuis sa sortie en décembre dernier. Les Chroniques de Bridgertonou Bridgerton en version originale, est une série dramatique à saveur historique. Maintes fois décrite comme une fusion des univers de Jane Austen et de Gossip Girlce nouvel opus de Shondaland, la compagnie de production menée par Shonda Rhimes, à qui l’on doit les séries cultes Grey’s Anatomy et Scandal, nous transporte dans une utopie d’époque, où la diversité ethnique et culturelle des personnages est célébrée, normalisée. Adapté d’après le premier tome de la série de romans à l’eau de rose de l’autrice Julia Quinn, paru il y a plus de vingt ans, Bridgerton nous plonge dans un univers beaucoup plus réaliste, une bonne chose d’après le succès fulgurant récolté ces derniers mois. 

La famille avant tout! 

Les huit épisodes, d’environ une heure chacun, suivent principalement les familles Bridgerton et Featherington alors qu’elles se démènent pour conserver leur place de choix au sein de l’aristocratie, de la seule façon possible à cette époque : en trouvant de bons partis à leurs filles. Alors que liaisons, querelles familiales, honneur et réputations fragiles s’entrechoquent simultanément, Lady Whistledown, autrice du billet à commérages hebdomadaire, rapporte le tout dans les moindres détails, au grand dam des matriarches, et pour notre plus grand plaisir.  

Bien plus qu’une histoire d’amour quétaine 

Tout comme son inspiration littéraire, cette première saison raconte l’histoire d’amour mouvementée de Daphné Bridgerton (Phoebe Dynevor), l’aînée des filles, et Simon Basset (René-Jean Page), Duc d’Hastings, sombre et mystérieux personnage fraîchement de retour à Mayfair, Londres. À la fois intrigante et captivante, leur romance en est une de hasards, de répartie bien placée et d’attirance mutuelle. 

En dépit d’une trajectoire narrative inévitablement semblable à l’originale, celle-ci ne se limite pas uniquement au thème redondant de la romance, car chacun des personnages obtient son moment de gloire. Que ce soit la glorieuse reine Charlotte (Golda Rosheuvel), l’attachante Penelope Featherington (Nicola Coughlan), ou le tourmenté Vicomte Anthony Bridgerton (Jonathan Bailey), chacune des bribes de leurs histoires est nuancée et fait partie intégrante de l’intrigue.  

De plus, contrairement aux films ou séries conventionnels d’époques qui enjolivent la réalité à coupde nostalgieBridgerton nous laisse voir l’envers du décor parfois sombre des mœurs d’un autre temps (corsets, jeux de pouvoir, misogynie), dont les échos se résonnent malheureusement toujours au 21esiècle. Les personnages féminins sont aussi beaucoup plus indépendants que l’étaient peut-être les femmes de l’époque, défendant leurs points de vue, leur liberté de penser, de décider pour elles-mêmes, et de vivre pleinement leur sexualité, un thème en général plutôt tabou, même à notre époque. 

Une attention au détail qui porte fruit 

En plus d’un script bien ficelé, l’ensemble des comédiens et comédiennes, y compris la mystérieuse narratrice, Lady Whistledown (Julie Andrews)jouent leurs rôles à la perfection. Bien que ce soit l’un des premiers contrats à gros budget pour la majorité, chacun démontre un grand talent, faisant passer son personnage (et l’auditoire) par toute la gamme des émotions de façon à la fois crédible et vraisemblablement sans effort.  

Bien qu’une série télévisuelle ne soit rien sans ses personnages et son histoireles costumes et la trame sonore jouent ici un rôle central au cœur de BridgertonLe détail apporté à chacune des tenues, afin de les rendre à la fois fidèles au style de l’époque et à la fois modernes, leurs couleurs tantôt flamboyantes, tantôt classiques, nous hypnotisent et nous émerveillent. La trame sonore, quant à elle, est fidèle au reste de la série : unissant le classique et le contemporain dans une valse enivrante de reprises à cordes de la pièce Thank You, Next d’Ariana Grande, ou encore une version instrumentale de Wildest Dreams par Taylor Swift, et bien d’autres, ajoutant une touche unique à chaque scène. 

Une série à voir pour la touche contemporaine qu’elle insuffle au genreparfois trop prévisible, du drame romantique. On me dit à l’oreille qu’une deuxième saison est à venir, croisons les doigts pour qu’elle soit aussi captivante que la première!


Crédit Photo @ Netflix

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