Briser le silence un pas à la fois

Par Camille Péloquin

Le vendredi 15 septembre est la Journée d'action contre la violence sexuelle faite aux femmes (JACVSFF). Au marché de la Gare de Sherbrooke se réunissaient des femmes de tous âges et certains hommes, de même qu’une dizaine d’organismes communautaires estriens pour l’occasion.

L’évènement, organisé par le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à  caractère sexuel (CALACS) Agression Estrie dans le cadre du Mois d’échange et de sensibilisation sur les agressions sexuelles en milieu étudiant (MESSAGE), a débuté avec la présentation des kiosques des partenaires du MESSAGE suivie de témoignages sous le thème Les agressions sexuelles… le vécu invisible des femmes. Le tout s’est terminé avec une marche dans le centre-ville.

Le MESSAGE regroupe quatre établissements d’enseignement supérieur (Université de Sherbrooke, Bishop’s University, Cégep de Sherbrooke et Collège Champlain), Ni viande ni objet, le CALACS, le CIVAS, le SHASE, la FEUS, le REMDUS et Québec contre les violences sexuelles. D’autres partenaires étaient aussi présents durant cette journée.

Les présentations étaient données par des survivantes bisexuelles et autochtones, une intervenante auprès de personnes ayant commis ou étant à risque de commettre une agression, une intervenante auprès des femmes itinérantes ainsi que les co-porte-paroles du MESSAGE.

La marche était festive. We’re Not Gonna Take It (Twisted Sister), Stronger (Kelly Clarkson) et ‘Til It Happens To You (Lady Gaga) jouaient « à fond la caisse » dans les rues du centre-ville, accompagnées par les klaxons des voitures soutenant les randonneuses et randonneurs. Des pancartes affichant « 1 femme sur 8 a subi une agression sexuelle entre 9 et 12 ans » ou « 7 victimes sur 10 sont agressées par une connaissance » défiaient le ciel.

Durant la marche, un arrêt devant la murale féministe sur King a permis aux femmes d’apprécier l’œuvre d’une artiste engagée.

L’évènement de la JACVSFF avait un thème lourd de conséquences pour trop de personnes et a su réunir des femmes de 13 à 68 ans durant une soirée. Il a permis à plusieurs femmes de se sentir moins seules, de briser le silence et de s’approprier leur corps.

Au fil des évènements du MESSAGE, une communauté se forge, des liens se tissent, des voix sont entendues et des visages sont reconnus. C’est l’isolement des femmes violentées qui est vaincu par la création de chaque nouveau lien. Toutes ces femmes ont un point commun : elles veulent s’approprier leur sexualité, un pas à la fois.

Organismes offrant de l’aide :

CALACS pour les victimes féminines et la sensibilisation – 819 563-9999

SHASE pour les victimes masculines – 819 564-5043, poste 250

CIVAS pour les personnes ayant agressé ou qui sont à risque d’agresser – 819 564-5127


Crédit Photo ©  Deposit photo (Rafael Ben-Ari/Chameleons Eye )

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