Bye bye les fausses cartes

Par Andrée-Anne Roy

À 18 ans on acquiert plusieurs choses, de la maturité, le droit de laisser tomber ses fausses cartes, mais avant tout, le droit de vote.  Cette permission toute spéciale que l’on obtient à notre anniversaire est plus qu’un droit; c’est une responsabilité.

On entend trop souvent que nous sommes fortunés d’être dans un pays démocratique. En effet, l’action de voter est un bien précieux et te permettra à la fois d’exprimer ton choix, mais aussi ton désaccord lorsque tu perdras tes premières élections, ou l’inverse pour les plus chanceux. C’est également le temps de l’année où tu prends tes responsabilités à deux mains et que tu oses te pointer à ton bureau de vote en espérant être sur la bonne liste électorale. J’ose espérer que vous avez fait vos changements d’adresse à temps, sinon vous serez bien déçus de vous faire fermer la porte au nez, paroles d’expérience.

De mauvaises expériences

Déménager quatre fois en quatre ans m’a fait découvrir le Québec et m’a éclipsé des listes électorales à multiples reprises, voire pour les trois dernières élections. Il n’y a aucun plaisir à être la personne qui tente de voter, mais qui ne peut tout simplement pas. Du coup, je me donnais automatiquement le droit de chialer sur les résultats. Ce n’était pas par manque de volonté que je gardais le silence, bien au contraire. J’ai largement exprimé mon opinion à tous ces pauvres employés en leur disant qu’il me brimait de mon droit d’opinion. Eh oui, pauvres eux.

Je vous annonce que ma carte de vote est déjà bien en sécurité dans mon chez moi et que je pourrai exercer mon droit de vote pour la première fois en quatre ans! (On se croise les doigts.)

Bref, la démocratie c'est avant tout avoir des choix et un droit de parole, c'est rendre quelque chose d'accessible à tous.

Un système démocratique?

Je crois qu’il est juste de dire que le système électoral s’est embrouillé à certains moments. D’ailleurs, souvenez-vous des élections de 2005 alors que Jean-René Dufort avait réussi à y inscrire une plante verte et un chihuahua comme membres votants. Ce coup des plus cocasses nous a tout de même démontré que le système électoral présentait quelques failles.

Bref, la démocratie c’est avant tout avoir des choix et un droit de parole, c’est rendre quelque chose d’accessible à tous. On le voit bien, la nouvelle campagne d’Élections Canada démontre qu’ils ont augmenté la taille de la police sur les feuilles de vote, qu’il est possible d’avoir une loupe lumineuse pour mieux lire, que les non-voyants on accès à une feuille tactile en braille et qu’il est possible d’avoir sur place et sur demande un service d’interprétation gestuelle. Toutefois, j’ai voulu me pencher sur la non-accessibilité des élections pour certains groupes d’électeurs.

L’accessibilité, oui, mais pour qui?

Tous les étudiants du campus qui n’ont pas changé d’adresse en déménageant ont récemment réalisé en panique qu’il ne pourrait voter cette année, à moins de se rendre dans son patelin, certaines fois à plus de 6 heures de voiture. Eh bien, pas tout à fait, tout un dossier a été fait pour vous! (voir page 10).

De plus, certains postes de scrutin ne sont pas adaptés aux handicapés et ces personnes doivent demander le changement eux-mêmes! En effet, une liste de 35 critères a été élaborée, mais seuls 15 d’entre eux sont obligatoires.

Pour ce qui est des personnes sans-abri, il leur est demandé d’avoir deux pièces d’identité comme tous les électeurs, mais ceux-ci n’ont pas nécessairement d’adresse fixe. Ils doivent donc avoir une preuve écrite d’un refuge ou d’une soupe-populaire auquel ils se présentent. Advenant le cas où ils n’en ont pas? Ils ont omis de répondre à cette question. De plus, cette information est peu accessible dans l’optique où elle se trouve sur le site web des élections, accompagnée du dit formulaire qu’ils se doivent de remplir pour voter.

Ces quelques problèmes parmi tant d’autres me force à me questionner sur le nombre d’électeurs qui ne peuvent tout simplement pas se présenter à leur bureau de scrutin. Je ne tente pas de justifier le désintérêt de certains envers la politique, mais tout simplement de vous y faire réfléchir.

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