Quand tu entreprends un baccalauréat, tu te crois invincible. Tu penses sortir de l’université plus fort, avec une nouvelle expérience de la vie qui t’a fait grandir. Moi, mon expérience s’est un peu endurcie lorsqu’à ma troisième session universitaire, on m’a appris que j’avais le cancer.

Par Vanessa Racine

Mars 2013. « Madame, on vous annonce que vous avez le cancer. » Un peu de la même façon qu’on t’annonce que tu as gagné un voyage aux îles Chanceuses. Bin voyons le cancer, j’ai 23 ans. C’est sûr qu’ils se trompent!

J’ai dû arrêter tout pour un moment. Ma session, mon futur stage d’été, mon travail. J’ai quand même pu terminer mes travaux d’équipe dans ma chambre d’hôpital, avec des coéquipiers en or qui venaient travailler avec moi. Le bonheur de s’entourer de bons amis!

Au même moment, le futur et moi, on a décidé d’arrêter notre relation sur un coin de mur d’hôpital. Je lui ai dit que j’allais le retrouver un jour, quand mon cœur allait être prêt à nouveau. Il est parti.

Mars 2013. Le vrai combat ne faisait que commencer : des centaines de tests, des dizaines de médicaments, une hospitalisation pendant plusieurs mois. Ta vie sociale s’évapore. À la place de prendre un cocktail avec tes amies, tu prends un cocktail de médicaments. Santé! Tu te promènes chaque jour avec ta jaquette bleue (je m’arrangeais pour agencer ma « robe » avec des pantoufles, quand même) en mangeant de la fameuse bouffe d’hôpital. Ma seule sortie quotidienne était d’aller à la douche! C’est là que tu réalises à quel point chaque petite chose banale de la vie a une valeur inestimable lorsqu’elles nous sont enlevées.

On va se le dire, on ne va pas se mentir. Chacun vit le combat à sa façon. Moi, mon plus gros coup a été la chimio. J’avais l’impression qu’on me déversait des litres de pesticides dans le corps pour tuer mes mauvaises herbes. Ton corps est secoué, il n’aime pas ça. Ensuite, il se venge, simplement! Il te fait perdre des cheveux, il te fatigue. J’avais de la difficulté à monter un étage d’escaliers. Je peux te dire que ça m’a fait sauver en frais d’abonnement dans un gym à ce moment-là!

La vie t’envoie parfois des épreuves sur ta route. Durant ce moment-là, elle m’a regardée droit dans les yeux, en criant « ÉCHEC ». Mais, je me suis toujours promis de ne jamais la laisser gagner cette partie. J’ai sorti mes gants de boxe et j’ai tenu ma parole.

Le combat a été long. Cancer, tu m’as tirée hors de mon confort pas rien qu’un peu. Tu m’as amenée dans des places difficiles pour mon corps fragile. J’ai même failli baisser les bras une fois. Mon père me les a relevés et m’a dit de continuer, que le beau s’en venait. Faut toujours croire son père. Plus tard, mes feelings ont glissé sur mes joues. Ce jour-là, j’ai touché le fond. Et le fond, c’est vraiment dur. Rendu là, tu as deux choix : soit tu restes collé là ou tu te donnes une petite poussée pour remonter. Je peux seulement te conseiller de te relever, car ta vie en dépend. Et tu vas ensuite porter ta cicatrice sur ta peau ou sur ton cœur pour le reste de ta vie, avec honneur et fierté, comme on porte une couronne.

Finalement, j’ai recroisé le futur en octobre de la même année, et on a décidé de réessayer ensemble! Je remettais enfin les pieds à l’Université. Je retrouvais mon appartement et mon autonomie. Ma vie reprenait peu à peu son cours normal.

Depuis, les suivis sont hebdomadaires. J’ai eu quelques rechutes, et j’ai recommencé ma chimio il y a quelques semaines. Mais cette fois-ci, rien ne m’arrête. Je continue mes cours avec la même détermination et la même énergie. D’ailleurs, si vous me croisez dans les corridors, jamais vous ne devineriez tout ce à quoi mon corps est confronté chaque jour. C’est la magie de la motivation.

Si vous êtes malade, ou que vous vivez une grande épreuve dans votre vie, car mes conseils peuvent s’appliquer pour tout, n’abandonnez pas. Il y a toujours une petite lumière qui n’est pas loin pour éclairer votre route. Je vous le garantis.

Ça prend beaucoup de kilowatts d’énergie pour passer au travers les petites difficultés du quotidien. Mais dites-vous qu’il n’y a rien d’impossible lorsqu’on y croit vraiment.

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Une pensée sur “Ça devrait être illégal d’avoir le cancer à 23 ans”

  1. Chère Vanessa,

    Je ne te connais pas du tout mais, je tenais à te féliciter pour ton grand courage. Ton histoire va certainement aider quelqu’un d’autre.

    Un gros BRAVO et ne lâche pas; la solution, c’est toi qui l’a.

    Bisous, Line xxx

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