sport - edito - credit serge lemoyneL’époque où tous se rassemblaient autour de leur téléviseur pour regarder les matchs de la Sainte-Flanelle n’est pas si loin d’aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est que le sport demeure un des événements mondiaux le plus regardé, et surtout à vocation rassembleur. Ne serait-ce que pour encourager ou pour critiquer nos équipes préférées, tous ont un parti pris et celui-ci ne changera pas.

Andrée-Anne Roy

Si le sport des Canadiens est le hockey, le sport des Européens et de l’Amérique du Sud est le foot, plutôt connu sous le nom de soccer. Ces sports nous rassemblent plusieurs soirs par semaine, et ce, pendant plusieurs mois. Les partisans s’attachent et en veulent plus.

Peu importe le canal

Les matchs sont écoutés à des cotes d’écoute plutôt stables, ce qui implique souvent notre attachement pour notre poste de télévision fétiche. On finit par aimer nos analystes même s’ils ne sont pas toujours pertinents et leurs blagues, vieux jeu, finissent par devenir drôles. Bref, c’était mon cas! Je dois avouer mon dégoût de devoir passer de RDS à TVA Sports lors des matchs du samedi soir et des grands événements. Les analystes semblent perdus et les transitions sont ratées. Une chance que la partie demeure la même! Preuve que le diffuseur n’y est pour rien dans les résultats : nombreuses sont les personnes qui partagent mon opinion. Nous sommes toutefois obligés d’avoir un canal de plus pour suivre le CH en cette fin de saison. Tout pour notre équipe!

On porte leurs couleurs, on en perd la voix à force de les encourager et on se déplace même à la brasserie pour célébrer et soutenir le bleu blanc rouge, et ce, depuis le premier match télédiffusé pour tous le 11 octobre 1952 sur les ondes de Radio-Canada. Si nous nous soulevons tels des disciples du sport dans un amphithéâtre, dans notre salon ou à La Cage aux Sports, l’effet de foule est ressenti. Bien que le dicton soit « le plus on est, le plus on rit », il serait pertinent de rajouter «le plus on perd notre gros bon sens». Il ne vous reste qu’à penser aux célébrations d’après-match lors des séries éliminatoires mieux connues sous le nom d’« émeutes ». On perd le sens de ce qui est éthique, bien ou mal, on ne perçoit plus la différence. Rien n’est extrémiste lorsqu’on a la foi. Les fortes croyances en notre sport national ne datent pas d’hier. Fut un temps où les commerçants fermaient boutique lors des matchs afin que personne n’en rate une seule seconde.

Tous ces facteurs démontrent que le sport, pour nous Québécois, est plus qu’une pratique ou qu’un loisir, il s’agit de nos racines, de nos traditions et surtout d’une longue attente vers une prochaine dynastie…

À quand la coupe?

J’ai peine à croire, comme plusieurs d’ailleurs, que ma naissance a un lien percutant avec la cessation du règne des Canadiens. Toutefois, chaque saison, j’y crois! J’embarque dans la frénésie jusqu’au bout.

Tout ça pour dire que les rivalités font partie de cette grande tradition. Eh oui, les matchs contre Toronto et Boston sont d’autant plus intéressants en termes de batailles, mais aussi plus regardés par les fans! Les partisans adorent ce type de rivalité, même si cette année, Boston risque de ne pas faire les séries. Nous nous trouverons d’autres ennemis!

J’ai ce désir de retourner dans le temps à l’époque de mes parents pour vivre la haine Nordiques de Québec – Canadiens de Montréal. Ce phénomène demeure alors que les amateurs se questionnent toujours sur la validité du but. C’est cette atmosphère de rivalité qui nous pousse à embarquer dans un mouvement passionnant tous ensemble : le hockey!

L’hymne national en guise de chant et de rituel, l’échange de gilets en tant que reliques et souvenirs, les poignées de mains pour clore avec respect… Tous ces rituels sportifs ont pour but d’officialiser cette cérémonie. C’est de cette façon que nous les connaissons et reconnaissons. À chaque étape, les joutes réussissent à nous faire croire encore plus fort à la passion de nos athlètes.

Si on se croit les meilleurs partisans à Montréal, c’est grâce à notre engouement. Que nos joueurs favoris quittent ou non l’équipe, qu’ils accumulent une série de défaites à l’extérieur, nous les suivrons toujours puisque nous avons le CH tatoué sur le cœur depuis l’époque de nos ancêtres. Certaines fois, il est plus facile de croire aux autres qu’en soi-même.

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