Calum Graham – Un vrai trésor albertain de passage au Granada

Par Éloïse Cabral

Jeune guitariste de 27 ans, reconnu internationalement et nommé un des 30 meilleurs guitaristes de moins de 30 ans par la revue Acoustic Guitar Magazine, Calum Graham a livré une performance de haut calibre, le mercredi 17 avril, au Théâtre Granada.

C’est avec aisance et humilité que Calum Graham a fait son entrée sur scène, sous les applaudissements de la foule. Petite foule, puisque seulement une partie du parterre de la salle était occupée, mais une foule enthousiaste composée de plusieurs groupes d’âge. Brèves salutations, puis on plonge.

Dès les premières notes, l’audience s’est vue absorbée par le fingerstyle et les jeux percussifs de Graham. Mélodies complexes et évolutives, cadre harmonique surprenant et rythmiques entraînantes, la musique de Graham a tout de hallucinant. Exploitant toutes les parties de ses instruments, du métal même des cordes jusqu’au tac distinct des éclisses, Graham captive le spectateur curieux de comprendre comment une aussi grande variété de textures sonores peut sortir d’un même instrument, joué par une seule personne. Bien sûr, Graham emploie différentes pédales pour ajouter parfois un delay percussif, ou encore un bourdon créant un fond harmonique, mais cette superposition synthétique ne vient aucunement enlever du lustre au talent de l’artiste. Le spectateur moindrement connaissant des techniques de guitariste ne peut qu’être ébahi par son talent. Quelques-unes de ses pièces sont jouées sur une guitare-harpe, démontrant une capacité de composition et de créativité bien au-delà du commun.

Plusieurs de ses morceaux les plus connus ont été interprétés lors de la soirée, tels 12:34, Phoenix Rising, Farewell et The Nomad. Ceux qui ne connaissaient l’artiste que par ses morceaux à la guitare ont pu apprécier sa voix aux sonorités soul, notamment sur Half Your Heart. À ce propos, bien que sur les enregistrements officiels sa voix soit un ajout rafraichissant, en performance live, un certain manque d’assurance était perceptible. Peut-être la technique de son aurait-elle pu être plus généreuse en effets afin de mieux couvrir certaines imperfections vocales ; toujours est-il que le manque de peaufinage et d’agilité vocale par rapport à son jeu de guitare, maîtrisé à la perfection, a créé un léger malaise dans la salle.

Ce ne sont que de microscopiques remarques toutefois, car l’expérience globale a été des plus agréables. La simplicité et la jovialité avec laquelle Graham interagissait avec le public, la sobriété des éclairages, la fluidité des changements de guitares, l’accueil chaleureux de la foule…

Si votre curiosité a été piquée, pourquoi ne pas commencer votre écoute avec les quelques vidéos disponibles sur son site Internet : www.calumgrahammusic.com? Il faut impérativement le voir à l’œuvre pour mesurer l’ampleur de son travail et de son talent. On pourrait souvent croire que plusieurs instruments sont joués en même temps, mais non. Toujours la même personne, toujours que ses deux mains et son instrument pour vous transporter.

Pour des mélodies rappelant le grand air de l’Ouest canadien, pour d’autres plus poignantes, pour vous laisser enivrer par ses mélodies évolutives à la Nils Frahm, pour retrouver la facilité d’écoute à la Ludovico Einaudi et la complexité technique à la Pat Metheny, Calum est votre homme.

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Crédit Photo @ Jean-François Dézaindre

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