Campus délocalisés et cours à distance: où est la limite?

Par Stéphanie Bénard

 

De plus en plus, les différentes universités du Québec ouvrent des établissements scolaires éloignés de leur campus principal. Cette tendance à la hausse vient ainsi permettre l’accessibilité à certains programmes en région moins desservie par le système d’éducation, mais également offrir des ressources diversifiées et spécifiques à certaines villes du Québec.

L’Université de Sherbrooke possède trois principaux campus, soit le Campus principal et le Campus de la santé à Sherbrooke, ainsi que le Campus de Longueuil. Le Campus de Longueuil est ouvert depuis janvier 2010. Il s’agit du premier édifice universitaire sur la Rive-Sud de Montréal, avec un total de 16 étages et un investissement de 125 millions de dollars. Ce campus se veut d’abord et avant tout d’être un lieu offrant des formations universitaires qui allient l’interdisciplinarité et la multidisciplinarité.

Sur papier, le projet semble noble et beau; plusieurs espaces communs magnifiques demeurent disponibles pour la communauté étudiante, les installations sont très récentes et technologiques, le toit vert et la vocation écologique du bâtiment se distinguent des autres campus universitaires québécois, etc. Malgré tout, la valeur ajoutée à un tel établissement ne peut se résumer à une apparence léchée. Force est de constater que les locaux semblent vides et que l’espace n’est certainement pas utilisé à son plein potentiel. Même avec les programmes pertinents et l’attrait de se rapprocher de nombreux employeurs dans la région métropolitaine, le Campus de Longueuil ne semble pas victime d’une grande popularité pour le moment et aurait un potentiel plus grand pour faire valoir sa vocation institutionnelle.

Une autre tendance à la hausse est le nombre d’inscriptions à des cours offerts à distance, par exemple avec la TELUQ, qui accueille près de 20 000 étudiants chaque année. Il est possible d’y suivre des cours allant du certificat au doctorat. Ce type d’enseignement permet entre autres à des professionnels de peaufiner leurs connaissances ou à des étudiants de suivre des cours de la maison, souvent pour toutes sortes de raisons qui empêchent les déplacements. L’accessibilité à l’éducation y est donc une priorité.

La population étudiante est de plus en plus nombreuse dans les campus délocalisés. Il faut tenir en compte les réalités divergentes de ceux et celles qui profitent de ces opportunités. Une grande partie de la clientèle du Campus de Longueuil se trouve à être des professionnels suivant des cours de soir et de fin de semaine. Même son de cloche au niveau des étudiants à distance, dont le nombre augmente considérablement.

Quand est-il ainsi de ces étudiants à distance et dans les campus délocalisés? Il est difficile de croire qu’ils ont réellement accès aux mêmes ressources que les étudiants qui sont directement sur place, sur les campus principaux. Plusieurs installations ne sont pas accessibles de partout. C’est le cas notamment des centres de recherche et des bibliothèques, des services à la vie étudiante, de certains laboratoires spécialisés, des regroupements étudiants, des centres de soins et de santé, etc. Il y a toutefois une personne-ressource présente sur place, au Campus de Longueuil, pour représenter la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) et le Regroupement des étudiantes et des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS). Mais, de façon générale, c’est une problématique avec laquelle les universités, dont celle de Sherbrooke, doivent composer de plus en plus.

Au final, il est aussi possible de se questionner sur la valeur d’une formation à distance. Est-ce que l’éducation deviendrait un bien de consommation ou, au contraire, le but est avant tout d’instruire le plus de gens possible au détriment des méthodes traditionnelles?


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