Cancer du sein et escrime : S’impliquer dans la cause grâce au sport

Par Jordane Boisvert

En Estrie, le Collège Mont Notre-Dame est une institution scolaire privée et réservée aux jeunes femmes depuis 1857. En tant que futures actrices de la société, elles ne peuvent que se sentir concernées par des problématiques telles que la cause du cancer du sein. Ainsi est venue l’idée de lancer le programme Cancer du sein et escrime, qui a pour but d’améliorer le pronostic du cancer du sein par des activités physiques adaptées. Le Collectif a cherché à en savoir plus sur le contexte de réalisation et l’origine du projet lors d’une entrevue avec deux représentants du programme : la coordonnatrice des élèves dans le cadre du programme Nikita Neale, élève de 4e secondaire et adepte d’escrime et Daniel Coulombe, superviseur du projet, professeur en éthique et culture religieuse au Mont Notre-Dame et entraîneur d’escrime au Club Escrime Pentathlon moderne Sherbrooke.

En quoi consiste le projet?

Le programme vise à enseigner l’escrime à des femmes atteintes du cancer du sein. Les séances s’étaleront sur une période approximative de dix semaines. En première partie de séance, les participantes réaliseront des exercices divers, puis l’autre partie sera consacrée au maniement du sabre. Tout cela se fera en compagnie d’une élève du Mont Notre-Dame avec laquelle les participantes seront jumelées. À cette étape de la séance, l’élève avec laquelle chacune a été jumelée sera là pour accompagner et conseiller afin de s’assurer que la participante réalise bien les différents mouvements.

Le déroulement du programme est déjà organisé en phases; les mouvements seront appris progressivement et le niveau de difficulté sera augmenté graduellement. Comme il s’agit d’un projet pilote, les ajustements seront nombreux et nécessaires. D’ailleurs, les responsables ont déjà évalué certains risques et défini les évolutions possibles du projet. Par exemple, afin de favoriser l’intérêt de tous au programme, il faut s’assurer qu’il reste interactif. Un palliatif envisagé sera d’ajouter un volet plus artistique qui joindra l’escrime à la danse. Ce volet pourra être mis en place une fois que les participantes auront acquis une certaine base de la pratique. Le but étant de s’adapter aux participantes et de maintenir leur motivation.

Les bénéfices associés à cette pratique

Vivre avec le cancer du sein amène son lot de difficultés. Parmi celles-ci, les femmes voient leur quotidien entravé par les séquelles liées à la maladie. La cicatrice de l’opération vient entraver leur mobilité, puis la mastectomie quant à elle vient modifier la posture en général. L’escrime leur apporte alors de nombreux bénéfices à la fois physiques et psychologiques.

Selon les programmes français qui ont inspiré les responsables du projet au Mont Notre-Dame, les mouvements associés au maniement du sabre favorisent l’amplitude du geste, ce qui joue un rôle significatif sur le rétablissement des femmes. Également, les participantes développeront force, souplesse, équilibre et bien d’autres aptitudes qui contribueront à améliorer le pronostic ainsi que leur quotidien.

Ce programme apportera aussi énormément aux femmes, qui développeront confiance en elles et force de caractère associées au maniement du sabre. De plus, le programme se veut amusant et cherche à favoriser la socialisation entre les participantes et les élèves du Collège Mont Notre-Dame.

Un projet soutenu par de nombreux partenaires

Ce projet est devenu possible grâce à la contribution de nombreux partenaires, à commencer par Daniel Coulombe, qui sera l’un des trois intervenants qui enseigneront les rudiments de l’escrime.

Pour ce qui est du volet médical, le Dr Michel Parvic contribuera au programme, entre autres, par le choix des exercices afin de définir ceux qui seront adaptés à la clientèle. De plus, la Dre Dominique Hornus-Dragne sera la marraine du programme du Collège Mont Notre-Dame. Elle est l’une des pionnières du domaine en France.

Finalement, une ancienne élève de l’école a décidé d’associer son entreprise, Pharmaprix Esther Meilleur, au programme afin qu’il puisse être offert gratuitement.

Les objectifs pour la suite

Le programme, qui compte déjà six participantes, devrait commencer vers la fin avril. De plus, il demandera énormément d’adaptation puisqu’il s’agit du premier programme au Québec. Les responsables seront aux aguets afin de voir comment les choses se déroulent; le but étant de peaufiner le programme pour rendre le tout encore plus complet et adapté aux besoins des femmes qui y participent. Pour l’instant, l’équipe poursuit la mise en place du programme et souhaite pousser davantage la promotion.

 

Sur la photo : Cinthya Gauthier (directrice aux services pédagogiques), Kim Frenière (kinésiologue), Dr Michel Pavic, Esther Meilleur (pharmacienne et partenaire principale) et deux élèves du Mont Notre-Dame, Nikita Neale et Alexane Roy


Crédit Photo @ Marianne Dallaire

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