Cédrik St-Onge : Un folk riche en émotions

Par Thomas Chenel

Les yeux comme deux boussoles, le premier EP du jeune auteur-compositeur-interprète gaspésien Cédrik St-Onge, est sorti le 27 janvier dernier. Réalisé par le renommé Louis-Jean Cormier, ce premier opus démontre le potentiel débordant dont fait preuve le jeune artiste.

Cédrik, âgé de seulement 19 ans, est originaire de Caplan, une municipalité située dans la Baie-des-Chaleurs en Gaspésie. Il a fait ses preuves au Camp chanson de Petite-Vallée au cours de l’été 2015, où il a été découvert par la maison de disques indépendante Ad Litteram. Épaulé par Louis-Jean Cormier, le jeune gaspésien se lance alors à l’aventure : l’enregistrement d’un EP.

Une prestation émotive

Dès la première écoute du mini-album, Cédrik nous transporte dans un univers folk imbibé d’une douce mélancolie et d’une maturité déconcertante pour son âge. Les textes de ses chansons, qui jonglent entre la souffrance émotionnelle et l’amour passionné, constituent probablement le meilleur atout de l’artiste aux multiples talents. Que ce soit pour illustrer son mal de vivre ou sa profonde affection envers sa muse, son utilisation réfléchie de figures de style plus riches les unes que les autres témoigne d’une âme particulièrement sensible.

Sa plume est pourtant loin d’être sa seule force. Sa voix chaude et poignante rend sa poésie encore plus touchante, et sa prononciation gaspésienne ajoute une certaine unicité à son timbre. Pour ce qui est de la musique, le niveau ne descend pas d’un cran. Plus on écoute l’EP, plus celui-ci s’installe dans notre tête. Mélancoliques à souhait, ses morceaux accompagnent aussi bien une lasse matinée qu’une soirée bercée par la solitude. Les deux premiers titres, « Ici » et « Un autre décor », sont particulièrement accrocheurs et pourraient très bien devenir d’excellents succès radiophoniques.

Une présence remarquée de Louis-Jean Cormier

L’ambiance du EP est également responsable de sa beauté. Si vous êtes familiers avec la musique de Karkwa ou de Louis-Jean Cormier, vous reconnaîtrez immédiatement la contribution de ce dernier à la réalisation des chansons. En effet, les arrangements rappellent énormément la musique de Louis-Jean, de la présence subtile du banjo et des effets sonores stridents de « J’feel kétaine à soir » aux claviers de « Un autre décor ». En fait, cette omniprésence du leader du défunt groupe Karkwa est probablement le seul bémol du EP : par moments, celui-ci ressemble un peu trop au dernier album solo de Louis-Jean Cormier, Les grandes artères. Le bon côté, c’est que les fans de Karkwa et de Louis-Jean vont sans l’ombre d’un doute adorer ce EP.

Un folk atmosphérique riche en émotions, voilà une bonne façon de résumer la première œuvre de Cédrik St-Onge, dont le potentiel saute aux yeux. L’auteur-compositeur-interprète fait partie des artistes québécois à surveiller dans les années à suivre. Les yeux comme deux boussoles, disponible sur Bandcamp et Itunes, est une première parution excellente par un musicien en plein développement.


Crédit photo© ici.radio-canada.ca

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