Chers parents, ça fait un an déjà

Par Rosanne Bourque

Je vous écris parce que ça fait un an déjà que j’ai quitté le nid familial pour vivre le #sherbylove. Un an que je m’aventure dans la vie d’adulte et que je découvre un peu plus la personne que je suis. Je vous écris parce que je me rappelle comment je me sentais à la même période l’année passée : j’avais hâte, j’avais vraiment hâte de vivre ma nouvelle vie. Eh oui, je l’avoue, j’étais nerveuse, bon! J’avais si hâte de partir depuis mon admission à la si belle UdeS que j’avais oublié de vivre les derniers moments qu’il me restait de notre quotidien familial et tout à coup, juste avant de partir, j’ai réalisé que la vie d’adulte arrivait beaucoup plus vite que je pensais. Ce qui m’a le plus marquée, c’est donc la prénostalgie. Une semaine avant de partir de la maison, j’étais déjà nostalgique de ma chambre, du chat et de mes habitudes matinales dans le confort d’une maison chaleureuse et bien rangée. C’est tout de même une semaine avant la rentrée que je suis partie de la maison accompagnée de mon poisson et de quelques recettes de maman.

Les premières semaines sont rassurantes. Les nouveaux amis, les activités, les ambitions, c’est wow! On dirait que les oiseaux chantent tout le temps, c’est comme dans un petit rêve. Bon, ça c’est aussi parce qu’on se couche - ou pas - quand les oiseaux chantent et qu’on est obligés de rêver éveillés tellement les nombreuses activités sociales nous empêchent de dormir. Bref, on découvre les 5@8, la rue Wellington, la belle nature de l’Estrie et la foule de possibilités qui s’offrent à nous dans ce monde de grands, dans ce monde d’adultes. J’étais quand même contente de venir vous voir les fins de semaine, de temps en temps, ou de vous appeler entre un cours et une – ou plusieurs — bières au Siboire.

Sauf que le « vrai fun » commence à la mi-session, quand notre appartement est à l’image de notre horaire… chaotique! Nos repas se confondent vraiment avec les préjugés qui disent que les étudiants se nourrissent juste de Kraft Dinner et de céréales. On se rend compte que c’était confortable de vivre avec vous, les parents, et que ça fait quand même du bien de se faire demander si on a passé une belle journée après un examen et une rencontre d’équipe pénible. Donc oui, c’était sarcastique quand j’ai dit que le « vrai fun » commençait à la mi-session.

La fin de session, bien qu’elle soit plus étourdissante que la mi-session, n’est pas aussi surprenante. On est mieux préparés et ça va. Je ne me suis pas du tout fait la même remarque en comparant la première et la deuxième session.

À la session d’hiver, on commence à calculer davantage qu’à l’automne. On remarque que nos économies se sont écoulées plus vite que prévu. Oups! Il fallait bien s’en douter : ça ne durerait pas comme ça éternellement! Les prêts et bourses, les économies, c’est bien joli au début de l’année, mais il ne faut pas abuser des bonnes choses, tsé! C’est à ce moment qu’on commence à être tannés de manger les mêmes affaires par manque de budget, mais aussi par manque de créativité parce que bien honnêtement, on a tous des livres de recettes, mais on s’en sert pas vraiment. Bref, même si on est un peu découragés, on ne veut pas trop se plaindre à nos parents parce qu’on sait très bien qu’on a mal géré notre budget, et que papa va dire qu’on avait juste à moins faire la rumba. Ce n’est pas faux, mais on aime mieux s’arranger seuls que de décevoir nos parents.

Si j’avais su tout ça, j’aurais profité un peu plus du temps où j’habitais à la maison à la place d’avoir hâte de partir. Je n’ai jamais été une enfant ingrate, mais l’université m’a permis d’apprécier encore plus ce que vous faites pour moi, les parents, et de redécouvrir un amour pour le poisson, ou le bouilli de légumes que j’étais plus capable de manger il y a plus d’un an. Après une petite pause de ces mets, je suis d’accord avec les gens qui disent que c’est toujours meilleur quand c’est fait par maman, peu importe ce que c’est.

C’est peut-être moi qui suis trop nostalgique. C’est peut-être parce que j’ai fait le choix d’habiter seule, contrairement à bien d’autres. C’est peut-être aussi parce que vous êtes plus extraordinaires que les autres parents, mais ça m’arrive d’avoir un p’tit motton dans la gorge après une mauvaise journée.

Ça fait déjà un an que j’ai quitté le nid familial et je ne voulais pas vous inquiéter de mon lifestyle avec cette lettre. Je voulais simplement vous dire que vous êtes importants même si je vis la grande aventure dans « les Estries » et que j’en suis comblée. Je veux vous dire merci d’avoir été inquiets que je ne sois pas heureuse loin de la maison, mais je vous rassure, je vais bien. Et même si vous me manquez, je referais ce choix parce que l’Université de Sherbrooke est chaleureuse et vibrante, mais aussi parce que j’ai la chance d’avoir une deuxième famille, ici. Une famille qui ne vous remplacera jamais, mais qui comble un petit manque quand je m’ennuie de vous.

C’est bientôt le tour de plusieurs nouveaux de faire leur entrée dans la famille de l’UdeS, et je leur dirais honnêtement qu’ils s’apprêtent à vivre leurs plus belles années et qu’ils finiront toujours par venir à bout des semaines difficiles. Pour ceux qui n’ont pas des parents aussi extraordinaires que les miens, je leur dirais que ce n’est pas grave parce qu’on est ben chum ici, mais surtout qu’il y en a quand même quelques-uns qui se servent de leurs livres de recettes et qui voudront partager.

Sur ce, merci les parents!

Je vous aime.


Crédits photo © Etudiant.aujourdhui.fr

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