Christine Labrie, la députée solidaire des étudiantes et étudiants

Le premier octobre dernier fut une soirée haute en émotions pour Christine Labrie de Québec solidaire, nouvelle députée de Sherbrooke. Malgré une campagne très énergivore, elle a accepté de nous partager ses réflexions en entrevue dès le lendemain de son élection.

Par Ariane Drainville et Jovana Mojovic

Présente pour la communauté étudiante avant, pendant et après les élections

Madame Labrie a été présente constamment sur le terrain, notamment sur le campus universitaire, durant sa campagne électorale et s’est tenue près des citoyens, ce qui lui a sans doute valu sa victoire marquée par une majorité de 3 450 votes. Celle qui est aussi chargée de cours dans le programme d’histoire à l’Université de Sherbrooke a su mobiliser énormément d’étudiantes et étudiants à sa cause. Un autre membre du personnel était présent dans la course ces élections-ci, soit le professeur de la Faculté de droit Guillaume Rousseau, fier représentant du Parti québécois, qui a dû accepter défaite devant Christine Labrie.

Dans son entrevue tenue avec Le Collectif, madame Labrie soutient qu’elle ne laissera pas la communauté étudiante de côté durant son mandat. En effet, elle témoigne que, face au gouvernement majoritaire caquiste, elle compte non seulement sur son équipe à l’Assemblée nationale, mais aussi sur la population pour revendiquer des projets de loi, dénoncer les incohérences, s’assurer que monsieur Legault respecte ses engagements et qu’il ne laisse personne derrière.  Elle est bien consciente que l’idée de la gratuité scolaire de CPE à l’université, proposition phare dans la campagne électorale de Québec solidaire, ne semble pas emballer monsieur Legault.

La nouvelle députée affirme toutefois qu’elle défendra jusqu’au bout l’enjeu de la rémunération des stages à l’Assemblée nationale; selon elle, la non-rémunération de stages obligatoires est un non-sens et tous les arguments nécessaires pour défendre cette cause sont à sa disposition. Elle s’indigne de l’incohérence de la rémunération de certains stages et d’autres non, dépendamment du domaine d’études. Elle souligne qu’il s’agit d’une problématique très genrée puisque la plupart des domaines pour lesquels les stages ne sont pas rémunérés sont des domaines occupés par les femmes. Elle en fera un de ses premiers enjeux à Québec, car elle croit que la problématique est urgente en raison de l’augmentation de la popularité des stages. Elle est consciente que la patience de la communauté étudiante a ses limites et que des moyens de revendication sont à nos portes. À cette déclaration, elle répond : « Eh bien, je serai dans la rue avec les étudiantes et étudiants à ce moment-là, comme je serai à l’Assemblée nationale pour porter le dossier! »

Déception des environnementalistes

Il en a beaucoup été question durant la campagne électorale : la Coalition Avenir Québec, notre nouveau gouvernement majoritaire, n’a présenté aucun investissement en environnement. À l’heure de la crise climatique actuelle, madame Labrie soutient que Québec solidaire fera tout ce qui est en son pouvoir pour influencer le gouvernement caquiste avec les voix fortes qui composent la formation politique. Elle s’attend malgré tout à un appui du Parti québécois dans cette lutte. La poursuite des initiatives citoyennes et la mobilisation de la population seront tout de même primordiales, puisque le canal politique de l’opposition seul ne sera pas suffisant pour voir arriver les changements requis à la lutte aux changements climatiques et à la saine gestion de nos ressources naturelles.

Les engagements de la députée

Hormis ceux mentionnés plus haut, Christine Labrie entend mener à bout plusieurs projets durant son mandat, soit la réforme du mode de scrutin, le réseau de transport en commun à Sherbrooke et l’amélioration des soins en santé mentale.

Elle s’est exprimée avec conviction sur le sujet de la réforme du mode de scrutin : « Monsieur Legault s’est engagé à le faire, j’espère qu’il va aller de l’avant avec cet engagement. S’il ne le fait pas, il peut s’attendre à me trouver et à trouver les 9 autres élu.e.s solidaires sur son chemin pour lui rappeler qu’il avait pris cet engagement. »

Il en est de même pour le transport en commun à Sherbrooke : « Je vais certainement collaborer avec la Ville pour voir quels sont [ses] besoins, comment on peut [la] soutenir et aller chercher à Québec les fonds nécessaires pour améliorer l’offre de transport en commun ici à Sherbrooke, parce que ça répond vraiment à un besoin. »

Finalement, en santé mentale, elle affirme : « Je trouve qu’on ne répond pas assez à la demande en ce moment quand les gens vont chercher de l’aide. Les délais sont extrêmement longs, c’est difficile en ce moment, autant pour les personnes qui vivent un problème de santé mentale que pour leur famille, donc c’est certainement un engagement que je vais prioriser. » Il s’agit d’un enjeu qui touche particulièrement la communauté étudiante et elle en est très consciente.

L’heure est aux bilans

En rétrospection sur sa campagne, madame Labrie a témoigné se sentir très fière des Sherbrookoises et des Sherbrookois en ce lendemain d’élections : « Gagner, hier soir, c’était vraiment le couronnement de tous nos efforts collectifs ici à Sherbrooke; on a fait ça des centaines de personnes ensemble, c’est vraiment une victoire collective », dit-elle. De plus, elle confie que les plus grands défis de sa campagne étaient la conciliation avec sa famille et de faire attention à l’épuisement : « Ça a été une campagne très énergivore; on faisait campagne 15 à 18 h par jour » et que c’était sans aucun doute le premier octobre le moment le plus fort de sa campagne, alors qu’elle fut élue officiellement nouvelle députée de Sherbrooke.

Nous avons terminé la rencontre en nous questionnant sur l’impact réel qu’aurait sa présence à Québec durant les quatre prochaines années. Elle reste entièrement enthousiaste, en rappelant l’impact « inouï » qu’ont eu les député.e.s solidaires (Amir Kadir seul, puis en formation de 3 élu.e.s) et en projetant ce que l’équipe actuelle de 10 élu.e.s pourra avoir. Elle est très fière de son équipe actuelle, qu’elle qualifie de « diversifiée, de talent, des voix fortes », et ça se sent.


Crédit Photo @ Québec Solidaire Sherbrooke

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