Ciné-Impro : tout un concept

Par Louis Gagner

La vaste programmation que proposait cette année Le Festival cinéma du monde de Sherbrooke a certainement comblé les cinéphiles avides de découvertes ainsi que bon nombre d’amateurs intrigués de ce qui se projette actuellement outre-mer sur les grands écrans. En effet, la compilation très diversifiée d’œuvres cinématographiques a regroupé cette année plus d’une centaine de films dans le cadre de la 6e édition du festival qui s’est close le jeudi 11 avril dernier.

Offre diversifiée

En plus des tables rondes, des causeries, des conférences et des expositions culturelles en tout genre qui se sont brodées autour des représentations à l’affiche, le FCMS a accroché au passage quelques joueurs empruntés à la ligue d’improvisation L’Abordage pour donner lieu à un match Ciné-Impro le mercredi 10 avril. Sabrina Pariseau, Caroline Fontaine, Simon Turcotte, Catherine Robert ainsi que Rafael Poggetti Bernardi se sont prêtés à un jeu théâtral, musical, mais surtout amical, dans l’ambiance chaleureuse qui distingue Le Boquébière.

Orchestrée au micro par l’animateur et arbitre Félix Boudreault, cette joute d’improvisation a présenté au public une formule de jeu où le décorum habituel a rapidement été délaissé. De ce fait, les cinq joueurs qui ne formaient en vérité qu’une seule et même équipe se sont détachés du cadre qui leur est normalement imposé pour converser, danser, chanter et beugler dans un ludisme agrémenté de mélodies assurées par le claviériste Charles-Emmanuel L’Espérance.

Plaisante nouvelle formule

Sans contrefaire les fondements de l’improvisation, cette formulation qui se voulait conviviale et décontractée a offert une expérience unique à un auditoire participatif. Souvent sollicité pour introduire le fil conducteur des sketchs, le public a gouverné le déroulement de cette soirée colorée de projections vidéo, de doublages dramatiques et de personnages loufoques, le tout aromatisé au goût du cinéma d’aujourd’hui. La durée des improvisations, souvent aléatoire, a laissé place à une comédie assumée de la part d’un quintet dont la disparité évidente de l’intellect cinématographique a amusé l’assistance aussitôt charmée. De plus, les pénalités (parfois flagrantes), les chandails officiels ainsi que le protocole arbitraire ont tous été laissés de côté de lors de cette première édition de Ciné-Impro.

À mon humble avis, l’étoile non officielle de ce match thématique doit être accordée
à Sabrina Pariseau. Cette joueuse régulière de L’Abordage s’est particulièrement démarquée lors d’une improvisation de catégorie chantée, ce qui lui a valu l’acclamation unanime des spectateurs ébahis devant la tonalité gutturale d’une poésie authentique.

Somme toute, le récit scénique qu’a livré l’ensemble de la troupe, tantôt comique, tantôt tragique, a certainement rassasié la salle comble dynamique, dont les rires et les applaudissements ont empli les quatre murs de la microbrasserie.

À noter que la ligue d’improvisation L’Abordage se produit sur la scène du Boquébière, et ce, tous les dimanches dès 20 h au coût symbolique de 4 $. C’est un rendez-vous hebdomadaire à ne pas manquer jusqu’au 28 avril 2019!


Crédit Photo @ Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke

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