Du cinéma d’ailleurs en région

Par Marianne Allaire

Sherbrooke, ville de culture et de savoir, a soutenu pour une 4e édition le Festival cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS). Six salles de diffusion dispersées dans la ville ont permis d’accéder à une panoplie d’œuvres cinématographiques, allant des documentaires aux œuvres de fiction sans oublier les courts métrages et les différentes conférences portant sur les arts médiatiques.

Les six journées du Festival plongent les festivaliers dans la culture d’ailleurs : les projections sont diversifiées, leur contenu éveille un désir de connaître le 7e art à l’international et les échanges qui en découlent cultivent la conscience. Le FCMS pousse les Sherbrookoises et les Sherbrookois plus loin dans leur appréciation du cinéma. C’est une richesse culturelle inestimable pour la communauté!

Le 7 avril dernier avait lieu le Ciné-Débat présenté par Radio-Canada. L’après-midi comprenait la présentation d’un documentaire éloquent, une table ronde d’experts et un débat ouvert à l’assistance. La projection rassemblait des étudiants de l’université, mais aussi du cégep, des cinéphiles engagés, des amants de documentaires, des curieux et curieuses et des abonnés au FCMS.

C’est donc dans une ambiance intime et professionnelle que s’est déroulée, au Centre culturel de l’Université, la projection de À droite toute. Ce documentaire allemand réalisé par Sebastian Bellwinkel, Marta Werner et Romy Strassenburg dresse un portrait de la montée du populisme de droite en Europe. Ce sont les propos de citoyens, de politiciens et de chercheurs qui alimentent cette œuvre cinématographique criante d’actualité.

Au cœur de l’œuvre se trouve une haine de l’étranger qui se veut « le ciment de l’extrême droite ». Autrement dit, c’est la peur de l’inconnu qui alimente l’hostilité de ces peuples envers les autres cultures. Le documentaire soulève les obsessions haineuses envers les migrants et les réfugiés, la peur de l’islam et le rejet des structures démocratiques occidentales. Les partis d’extrême droite en Europe sont, paradoxalement, un refuge pour ces nationalismes exacerbés et apeurés.

De ces grands et délicats sujets s’est entamé l’échange entre les experts invités. Chacun avait une approche, une vision particulière en ce qui concerne la portée qu’a l’extrême droite politique au sein d’un pays. Des échanges intéressants ont permis de mieux comprendre le phénomène à l’échelle mondiale. Ayant des domaines d’expertise distincts et des expériences uniques à partager, le débat menait à des perspectives différentes en lien avec les affaires internationales, l’éthique médiatique et les réalités sociales dans lesquelles ces discours d’extrême droite résonnent et évoluent.

Lors du débat, en ajoutant aux propos des experts les commentaires et les avis du public, la réflexion allait plus loin. Nous sortions de ce Ciné-Débat sensibilisés, politisés et surtout plus conscients du monde dans lequel nous évoluons. Une formule à conserver et à répéter davantage pour les prochaines éditions du FCMS.

Panélistes invités

  • David Morin, Vice-doyen aux études supérieures et aux affaires internationales de l’Université de Sherbrooke
  • Maxime Fiset, ancien skinhead extrémiste et consultant pour le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence
  • Marie-Ève Carignan, Professeure adjointe en communication à l’Université de Sherbrooke
  • Benjamin Ducol, Responsable de la recherche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence

Crédits Photo © Les Diagnolas du-temps

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