Cocooning et procrastination: même combat

Par Andrée-Anne Roy 

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2015 nous a fait découvrir une tendance soit pour la maison, le bien-être, une habitude de vie et une mode tout court. C’est bel et bien le cocooning qui s’est vu se glisser dans notre chez-soi, dans nos usages, mais surtout dans notre rythme de vie.

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On le décrit comme le «fait de se plaire dans un confort douillet» tel que le dit le Larousse. Ce confort douillet, on l’aime tous, parce qu’après tout, il est toujours bon de prendre du temps pour soi. Par contre, j’ai cette fâcheuse impression que ce nouveau phénomène me pousse davantage à la procrastination qu’au bienfait de mon être.

C’est vrai quoi, pantoufles aux pieds, foulard au cou et doudou sur le dos, c’est avec ce sentiment de confort que l’on entame l’hiver qui s’avère être long, mais qui ne tend pas à se montrer le bout du nez. Musique de Noël dans l’air et bien allongé dans son divan, on vit la belle vie. Mais pourquoi créer une mode autant axée sur le confort dans une société qui bouscule ses journées tout en ayant à peine le temps de voir les saisons changer?

Peut-être pour refléter le besoin des étudiants de se ressourcer et de se sentir bien après la mi-session qui devient, avec la perte des feuilles, une fin de session.

Si le cocooning nous donne davantage le goût de s’emmitoufler, de «snoozer» encore pour une troisième fois et d’ouvrir Netflix au lieu d’étudier, c’est sans doute parce qu’avec le confort vient la sédentarité. Le froid nous fige, nous surprend, mais ne cesse jamais, c’est à nous de se vêtir d’une, de deux et de trois couches de plus pour affronter ce qui arrive; la fin d’un autre trimestre.

Pourquoi se tourner vers une tendance «molle» où l’on tente à tout prix de rester connecté à ce que l’on connaît, à notre petite bulle de bonheur ou même à nos draps? Pour commencer, il s’agit d’un petit bonheur individuel qui ne tend qu’à s’épanouir et à être partagé, mais l’humain a souvent peur de ce qu’il ne connaît pas. Ce n’est pas pour rien qu’à chaque année, après cinq ou même huit victoires du Canadien on prétend déjà que «ça sent la coupe»! Nous sommes habitués à nos petites coutumes. On doit toujours apprivoiser, petit à petit ce qui nous semble différent. Cette crainte qui nous suit c’est de sortir de cette bulle, de cette zone de confort qui nous dorlote et nous fait sentir si bien. Cette peur ce n’est pas une fermeture pour autant, mais ce n’est pas un défaut non plus. C’est souvent de cette crainte que naît la curiosité, celle qui nous anime, nous motive et nous pousse à aller plus loin, celle qu’il ne faut pas lâcher. C’est elle qui nous aidera à survivre à cette fin de session et à ce blitz hivernal.

On peut dire que la procrastination n’est pas une nouveauté chez nous et j’ai l’impression que personne n’a vraiment de misère à l’adopter. Même nos classiques sont rendus trop douillets! On ne voit presque plus de vraie belle «date» de sortie au restaurant. Pourquoi sortir de chez soi quand on peut inviter quelqu’un à un bon  «Netflix and chill»? Et vous souvenez-vous de l’époque où on sortait dehors pour absolument aucune raison, mais comme si c’était une belle et saine habitude de vie? Sauter dans les feuilles et avoir peur de «pogner» des poux ne m’auront jamais rendue aussi nostalgique qu’en ce moment. On change nos habitudes pour le pire ou pour le mieux.

Relaxez un peu, mais pas trop. Prenez un bon bain chaud avec chandelles pour vous vider l’esprit, mais pas trop, bref ne vous mettez pas trop confortable de peur de dormir à travers ce dernier mois sans même s’en rendre compte!


© Marianne Blouin-Caron

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