Par Catherine Foisy

Prisonnière de ma timidité, je délectais ma bière. Quelle façon plus estudiantine que de rencontrer quelqu’un parce que notre bière possède la même étiquette ou parce qu’on en boit une, tout simplement. Toi aussi tu bois de la blanche, génial, on peut être copains.

Le premier 5@8 auquel j’ai assisté était celui de la faculté d’admin, le 27 août passé. Bière en main, j’essayais de monter leur pente qui me semblait terrifiante. Il faut dire que j’avais la bonne paire de chaussures pour l’affronter celle-là. Raide comme une planche, je me suis mise à réfléchir sur la technique que j’allais choisir pour ma grande enjambée vers les cieux, parce que passer à travers cette foule, c’était carrément impossible. Rapidement, deux garçons qui, on va se le dire, avaient probablement pitié de moi m’ont proposé leur aide. Victoire, deux amis de plus pour moi, me dis-je dans ma tête.

Il y a aussi cet inconnu, qui m’a abordée sans savoir qui j’étais, parce qu’il avait une bière de trop dans le corps et qu’il trouvait drôle de tomber sur quelqu’un qui étudie où il a gradué il y a quelques années. Puis celle avec qui j’ai échangé quelques phrases en sirotant ma bière, assise presque confortablement dans ma chaise, à l’entracte du dernier match d’impro. Ou encore, cette soirée-là, au Dépôt, quand il était trop chaud pour savoir dans quelle file de bus s’insérer pour regagner sa résidence. Tout le monde s’était alors improvisé super-héros pour le ramener sain et sauf à sa chambre. Là, j’ai trouvé ça beau, puis j’en avais le cœur éclaté.

On a tous une histoire, une histoire où si ce liquide n’avait pas fait partie de notre soirée, on n’aurait probablement pas échangé avec l’inconnu qui est devenu notre grand chum. Nul besoin d’en abuser, une seule et la magie s’installe. À bas les frontières, peu importe d’où tu viens et où tu t’en vas, avec une bière en main, tu peux faire partie des nôtres. J’oubliais, petit conseil, tiens ta consommation de la main gauche parce qu’autrement, tu n’auras pas le temps de savoir ce que tu ingurgites cette soirée-là. Ne t’en fais pas, je suis aussi en période de conditionnement et j’ignore si j’y arriverai un jour, comme j’ai toujours tenu ma bière de la main droite.

Ne reste qu’à voir si nous sommes capables de provoquer un tel rassemblement, à base de verres d’eau plate. Là, tout le monde échangerait et on assisterait au rassemblement de la diversité, à l’effacement de l’étiquette.


Une bierté d’ici

 

Une bonne palette de bières de microbrasserie au Refuge des Brasseurs.     © Cathie Lacasse Pelletier

Si ingurgiter de la bière pour toi c’est avoir un taux d’alcoolémie élevé, rendu à ta dixième pinte, tu ne dois plus goûter grand chose. Mais si déguster de la bière est un de tes petits plaisirs de vie, tu auras vite compris qu’au Québec, tu as l’embarras du choix. Blonde, blanche, rousse, brune, noire, la diversité de broue est à son apogée.  

Certes, il y a les importées. C’est bien les importées, elles permettent aux consommateurs amoureux de bières d’avoir une incroyable sélection. Mais avant d’aller voir ce que nos voisins de continent ou d’ailleurs peuvent nous apporter, c’est toujours plaisant de savoir ce qu’on a, et même, de savoir qu’en tant que peuple, on pourrait s’auto-suffire à ce niveau-là.

Le savais-tu?

Il y aurait au moins 985 bières québécoises embouteillées, sans compter les bières éphémères de microbrasseries. Mais qu’est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que si l’universitaire sherbrookois buvait chaque jour, il pourrait boire entre 2 et 3 bières différentes (2,7 pour être exacte) quotidiennement avant de faire le tour. Du côté des microbrasseries, on en compterait au minimum 107, dont 13 dans notre belle région qu’est l’Estrie. Énorme, n’est-ce pas? On a de quoi être fiers en tout cas! Et ce n’est pas tout, il y a même des brasseurs chercheurs sur notre beau campus, Sherbroue, qui brassent la bière Ingénieuse servie au Siboire.

Celles d’ici qui se démarquent

Il n’y a pas seulement qu’une bière qui voit le jour en Estrie, mais deux ont retenu mon attention par leurs personnalités très locales. Quoi de mieux que de personnaliser des bières afin de faire rayonner notre patrimoine estrien?

L’été dernier, la microbrasserie La Memphré s’associait avec Bleu Lavande afin d’offrir à sa clientèle une blanche à saveur de lavande. Avec un pourcentage d’alcool de 6%, la Saison bleue en a séduit plus d’un avec son goût fruité accompagné d’une finale assez sèche et quelque peu acidulée.

Du côté du centre-ville, le Boquébière fait fureur avec sa Bou! IPA. Primo, la IPA demeure une bière prisée de tous et secundo, son nom, Bou!, provient d’une dame sherbrookoise que vous avez sans doute croisée si vous fréquentez l’endroit ou la Wellington.

Du côté de la dégustation

Il n’y a pas que le vin qui s’accorde avec ce qu’on mange, la bière aussi! D’ailleurs, pour les curieux, Le petit Dégustabière revient en force pour la troisième fois les 2 et 3 octobre prochains au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke et vous propose, en plus des dégustations, des conférences pour en apprendre plus sur le sujet.

Et de la pratique

Finalement, si t’as envie de relever le défi de dégustation, il faut que tu saches ce que t’aimes. Dire qu’on aime les ambrées, ce n’est pas savoir ce qu’on aime, parce que des ambrées, il y en a toute une sélection. Un truc? Connaître l’IBU (International Bitterness Units) de ta bière avant de la commander. Si t’es un fan de petites blondes, tu vas aimer les bières entre 10 et 20 IBU, alors que si tu trippes sur les IPA, ça pourrait aller de 60 à 100 IBU. En gros, plus c’est élevé, plus la bière a un grand degré d’amertume.

Partager cette publication