Comme des enfants

Par Andrée-Anne Roy

En entamant ma dernière année universitaire et peut-être scolaire, je tente de me rappeler comment tout cela a commencé… Le sac à dos rempli de bonnes volontés et d’outils : ciseau, crayons feutres, papier de carton, j’étais prête à affronter la journée qui s’éternisera à plusieurs années. Au-delà de mes plus grands rêves et de mes plus lointaines aspirations, rien ni personne n’aurait pu anticiper mon parcours.

Main dans la main, ma mère me menait vers l’arrêt d’autobus, où à la vue de d’autres étudiants, je sentais le besoin de m’en séparer. Ce confort, ce toucher si familier m’a permis de prendre mon envol. C’est aussi à ce moment que j’ai su qu’il y aurait d’autres départs comme celui-là, même si malgré la distance, je pourrai y revenir.

S’il y a un moment qui est d’autant plus un casse-tête qu’une énigme, c’est la rentrée scolaire sous toutes ses formes. Des locaux classés par faculté et des facultés distribuées tel un jeu de Lego sur le campus. Tout semble pêle-mêle, mais tout se raccorde. Une messe de gens qui se connaisse et d’autres qui proviennent des quatre coins du Québec ou d’un peu plus loin encore. Des étudiants plus motivés que certains, des sportifs, des gens impliqués, des motivés, mais tous dans une grande insécurité : la nouveauté. Que l’on soit en première ou en 8e année universitaire, la rentrée est démesurée. L’habitude n’y est pas, le désordre règne, alors que d’autres se battent pour être roi de la montagne.

Vous pensez que l’université et la petite école n’ont rien en commun, détrompez-vous! La jungle de la rentrée ne faisait que commencer. Les périples afin de veiller à avoir toutes nos fournitures scolaires à temps sans se ruiner ne date pas d’hier. Nos jeux de marelles et de bonhommes pendus semblent bien loin, mais en vérité, ils n’ont été remplacés que par des jeux de beuveries lors des 5@7.

Si seulement tout était comme à la maternelle.  Tous sont présents pour jouer, colorier et apprendre la base de tout : l’entraide et la vie de communauté. Le campus de Sherbrooke semble avoir été conçu pour que tous se sentent bien entourés, pour former une petite famille à chacun jusqu’au temps des fêtes ou à l’été, alors que la plupart s’éclipse gracieusement du campus.

Le fait de se trouver sur une même acre de terrain nous rassemble inévitablement. Tous ont pour but de passer à travers le parcours scolaire, qu’il soit facile ou plus complexe. Sherbrooke nous offre la chance de traverser la ville en autobus, accompagnés de nos amis comme nous le permettait autrefois le bon vieux bus jaune. L’ancêtre des jeux de vérités ou conséquences et de tout bon potinage n’en demeure pas moins aujourd’hui.

La rentrée en angoisse plusieurs non par la peur, mais par la familiarité qu’elle apporte. L’énigme de la réussite et surtout le mythe du champion à tout coup font de nous des étudiants incertains. Toutefois, si la peur n’était pas présente pour motiver la majorité de nos actions, nous n’en serions pas ici aujourd’hui. Eh bien, je peux vous le garantir dans mon cas. La crainte du danger est superflue; comme le vélo, on apprend une fois et malgré le manque de pratique, on retrouve toujours notre équilibre.

Ce que j’ai le plus appris c’est qu’on se complique souvent la vie. Que ce soit du point de vue scolaire, professionnel ou social, nous avons peur de l’inconnu, peur de décevoir les autres, mais avant tout, peur de se décevoir soi-même. Suivez votre instinct et ne perdez jamais votre cœur d’enfant.

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