COMME UN GRAND TROU DANS LE VENTRE : LA RÉSILIENCE DE L’ÊTRE HUMAIN

par Guillaume Marcotte

Comme un grand trou dans le ventre sera présentée ces jeudi, vendredi et samedi les 19, 20 et 21 janvier 2017 au théâtre Léonard-St-Laurent au centre-ville de Sherbrooke. Écrite par Angèle Séguin et performée par Bruno Gagnon, Marie Lefebvre, Marc Thibault et Sylvie Tremblay, la pièce de théâtre traite de la résilience de l’être humain à la suite d’une tragédie.

On appelle « grande cueillette des mots » la récolte d’information grâce à laquelle Angèle Séguin, directrice artistique du Théâtre des Petites Lanternes, écrit ses pièces. Il s’agit de recueillir les notes et commentaires personnels d’hommes et de femmes ayant survécu à des événements difficiles, puis de synthétiser ces récits afin d’en faire émerger une œuvre d’art qui parle aux gens. Les volontaires participant au processus créatif doivent écrire sur une thématique spécifique.

Dans le cas de Comme un grand trou dans le ventre, l’équipe du Théâtre des Petites Lanternes a été appelée à Lac-Mégantic afin d’y faire une grande cueillette des mots. Un an et demi plus tard naît la fameuse pièce, œuvre mettant en lumière la résilience humaine et les conséquences de la perte de repères pour l’humain, et plus particulièrement pour les victimes de l’accident ferroviaire de Lac-Mégantic de juillet 2013.

Une impressionnante machine

Tel que Mme Séguin me l’a si bien dit, ce sont les communautés qui ont appelé le Théâtre des Petites Lanternes à venir faire une grande cueillette de mots et non l’inverse. Il existe une complexe et précise structure encadrant le processus créatif du Théâtre des Petites Lanternes : on parle d’intervenants en travail social, de psychologues, d’artistes et d’institutions gouvernementales et corporatives, lesquels s’allient d’un commun accord pour ouvrir la discussion sur des sujets sensibles par l’entremise de l’art. Pas un des monologues compris dans Comme un grand trou dans le ventre n’a été rédigé par Angèle Séguin elle-même; les phrases ont été reprises mot à mot des carnets de rédaction de la grande cueillette et elles ont été agencées de façon à illustrer les répercussions psychologiques générées par la tragédie.

Plus encore qu’une œuvre d’art

Aussi admirable et louable que le processus créatif du Théâtre des Petites Lanternes soit, la grande cueillette des mots permet également à d’autres domaines de récolter des données, en plus d’apporter un soutien aux victimes par le biais de l’art. Les domaines de la psychologie, de la sociologie et de la médecine bénéficient du travail de la troupe de théâtre. Voilà pourquoi la pièce s’adresse tant aux étudiants universitaires qu’aux habitants de Lac-Mégantic, ainsi qu’à monsieur et madame « tout le monde ».

Si je peux dire une chose de Comme un grand trou dans le ventre, c’est que la pièce est absolument enlevante! Les monologues ont ce ton réaliste et ces expressions un peu décousues qu’on ne retrouve que dans nos propres fors intérieurs. Les conflits internes vécus par les personnages n’ont rien de fantaisiste, ils sont purement humains. Les émotions véhiculées par les comédiens sont palpables et tangibles, à un tel point qu’il n’est pas ardu d’imaginer les tragiques événements relatés par les personnages.

Bref, allez-y! Vous ne le regretterez pas! Ce n’est pas juste une pièce de théâtre de divertissement, c’est une œuvre d’art sociopolitique qui amène à nombreux questionnements et à maintes réflexions qu’on évite trop souvent.


Crédit photo © http://petiteslanternes.org/

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