Conférence et entrevue avec Gilles Duceppe : les intérêts du Québec avant tout

Par Marc-Alexis Laroche

Compte rendu de la conférence

Durant la pause de midi, l’Université de Sherbrooke a reçu le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe qui venait donner une conférence dans le cadre de la campagne électorale fédérale. L’évènement organisé par la FEUS, le REMDUS et l’APUS a attiré plus de 300 personnes, majoritairement des étudiants de l’université. 

Un chef convaincant

Les gens présents ont eu droit à un Gilles Duceppe en forme, souriant et même blagueur à certaines occasions. Ce dernier a profité de l’occasion pour rappeler aux citoyens pourquoi ils devraient donner leur vote au Bloc québécois aux prochaines élections fédérales.

Accompagné de deux candidates de la région de Sherbrooke, monsieur Duceppe a réitéré que si l’on voulait défendre les intérêts du Québec au sein du Canada, il fallait alors voter pour le Bloc québécois. Ainsi, le Bloc serait le premier parti à s’imposer face à la monarchie qui persiste au Canada, selon monsieur Duceppe.

Autobus du Bloc

L'autobus du parti Le Bloc Québécois arrivant à l'Université de Sherbrooke

Positions, enjeux et attaque

Par ailleurs, le chef du Bloc québécois a rappelé plusieurs positions de la plate-forme électorale du parti. Entre autres, concernant la politique étrangère en rappelant l’importance de combattre l’État islamique, l’environnement et l’opposition du Bloc québécois au projet Énergie Est et la volonté d’établir une relation de collaboration avec les membres des communautés des premières nations. Le chef du Bloc s’est d’ailleurs permis de lancer quelques flèches à ses adversaires, comme quoi certains tiendraient des doubles discours ou qu’ils seraient tout simplement évasifs sur certaines questions.


Avant la conférence, l'entrevue

À l’occasion de la venue de Gilles Duceppe, le journal Le Collectif a eu le privilège de le rencontrer personnellement avant sa conférence afin de lui poser quelques questions plus précises.

Je trouve qu’on a un devoir, qu’on soit en politique ou non, de rencontrer les gens pour partager et également pour apprendre. 

Qu’est-ce qui vous a motivé à vouloir venir vous entretenir aujourd’hui avec les étudiants de l’Université de Sherbrooke?

« En fait, je trouve toujours cela intéressant de venir rencontrer les jeunes. Pendant les années que j’ai fait de la politique, j’ai toujours accepté ces rencontres, dans les cégeps, dans les universités. […] Je n’ai jamais refusé de tout temps des rencontres, même les gens des associations étudiantes venaient parfois faire un tour chez moi. Je trouve qu’on a un devoir, qu’on soit en politique ou non, de rencontrer les gens pour partager et également pour apprendre. »

S’il y avait un enjeu électoral ou un point majeur de votre plate-forme électorale que les étudiants de l’Université de Sherbrooke devraient retenir, quel serait-il ?

« La question de l’environnement est majeure et également celle des finances publiques. Quand je parle des finances publiques, je parle bien sûr des transferts en santé et en éducation. L’environnement est une question que les gens tiennent vraiment à cœur et ils voient la différence entre le Bloc et les autres partis sur cette question. »

M. Gilles Duceppe

M. Gilles Duceppe en entrevue avec Le Collectif

Récemment, le gouvernement fédéral a octroyé des subventions pour la recherche à l’Université de Sherbrooke, est-ce que la recherche fait aussi partie de la vision du Bloc québécois ?

« D’après moi c’est au Québec que devrait revenir cette décision. D’ailleurs, la science ce n’est pas le gros point fort de ce gouvernement. Leur ministre de la science et des technologies, monsieur Goodyear, est un créationniste. […] Par exemple, son intention de mettre fin au recensement, c’est ridicule. Au Bloc, on a proposé d’ailleurs que les universités offrent des bacs en trois langues; français, anglais et espagnol. »

Qu’est-ce qui a motivé votre retour en politique, est-ce l’appel du devoir devant une campagne cruciale ou est-ce la nostalgie des campagnes électorales  et de la vie politique ?

« À ce moment, je continuais de parler de politique au Québec, je faisais des chroniques, je travaillais bénévolement avec Juripop et j’organisais aussi plusieurs conférences, notamment avec des étudiants. J’étais heureux dans ce que je faisais et je ne m’attendais pas à ça, c’est arrivé quand Mario Beaulieu est venu me voir pour me dire que ça ne levait pas et qu’on ne voyait personne d’autre que moi pour prendre la place. C’était une semaine mouvementée, car Jacques Parizeau était décédé cette semaine-là. […] On ne s’attendait pas à une si longue campagne, mais on savait que la politique c’est une montagne russe. »

Gilles Duceppe (à gauche), accompagné de la candidate bloquiste Caroline Bouchard dans Sherbrooke (à droite). Marc-Alexis Laroche (en bleu), Rodrigue Turgeon (debout) et Cathie Lacasse Pelletier (photographe) ont eu la chance de procéder à l'entrevue à bord de l'autobus de campagne du parti.


Crédits photos © Cathie Lacasse Pelletier

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