Contre la barbarie : ma lettre à la France

Culture - Ben - jesuischarlie - 22_01_15Par Benjamin Le Bonniec

C’est en me levant mercredi matin, le 7 janvier 2015, que j’ai appris les évènements que nous connaissons tous et qui ont poussé la France et les Français dans leurs retranchements. Ce jour, comme celui d’avant et celui d’après, s’annonçait comme tout à fait normal. Et pourtant, c’est celui-ci que deux hommes se revendiquant d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) ont choisi pour commettre un véritable massacre dans les locaux de l’hebdomadaire satirique à Paris. Ce journal, l’un des symboles de la liberté d’expression en France, a perdu pendant cette journée noire la quasi-totalité de son équipe de rédaction et notamment les fameux dessinateurs Charb, Cabu, Wolinski et Tignouss. Ces gars, par leurs dessins provocateurs, avaient su éveiller depuis plusieurs années les consciences, notamment en termes de lutte contre un terrorisme islamique qui bafoue la liberté d’expression. Mais l’histoire vous la connaissez tous !

C’est donc par Libération et Le Monde que j’ai été mis au courant de cet évènement majeur en ce début d’année, certainement l’un des plus importants depuis le 11 septembre 2001, tant pour la France que pour le monde entier et l’ensemble des partisans d’un monde libre et démocratique. Au moment où j’ai lu les premières lignes concernant ce massacre chez Charlie Hebdo, j’ai tout de suite eu envie d’être en France, près des miens, près des autres, près de mon pays pour faire face à la difficulté du moment dans l’unité. Parce qu’être Français ce n’est pas seulement râler ou se plaindre, le Français est en perte de repères depuis plusieurs années. Mais les grands moments rassemblent, et les Français en ont besoin : ils ont su à ce moment-là se réunir et se souder en véritable communauté symbolique. Rien qu’à voir l’élan national qui s’est produit le soir même de l’attentat à Charlie Hebdo, quand plusieurs milliers de personnes se sont amassées sur la place publique, et encore plus le dimanche qui a suivi avec des manifestations jamais enregistrées depuis la Libération en 1944, comme jamais la valeur de la liberté et l’attachement des Français à celle-ci a été démontré. J’ai alors vécu assez difficilement cet éloignement avec mon pays, jamais d’ailleurs je n’avais autant ressenti à quel point j’étais Français, que j’aimais mon pays avec tous ses défauts et ses imperfections. L’ampleur et la spontanéité du mouvement n’ont fait qu’appuyer mon sentiment d’appartenance à la patrie des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, ces principes inscrits au sein même de notre Constitution. J’ai souvent critiqué la France, je l’ai même parfois dédaignée depuis que je vis ici, mais mon attachement à ce pays est finalement viscéral, dans les bons comme dans les mauvais moments, et même si mon rôle est mineur, j’avais à cœur d’en écrire quelques mots.

Partager cette publication