Coronavirus : maintenant considéré comme une urgence internationale

Par Alexia LeBlanc

Pour l’instant, le bilan des victimes du «nouveau coronavirus de 2019» (2019-nCoV) s’élève à 212 en Chine et 8900 personnes sont contaminées. Ce chiffre aura sans aucun doute grimpé au moment où vous lirez ces lignes. Même si la situation n’est pas considérée comme inquiétante au Canada, son omniprésence dans les différents médias est suffisante pour inquiéter plusieurs personnes. La communauté internationale semble avoir été prise par surprise, mais est-ce qu’un tel virus aurait pu être prévenu?

Le 2019-nCoV a été reconnu pour la première fois à Wuhan, à la fin de l’année 2019, dans un marché de fruits de mer et d’animaux vivants. Appartenant à la famille notoire des coronavirus, la maladie présente des symptômes très similaires à ceux de l’épidémie de SRAS, qui a eu lieu de 2002 à 2004, et à l’épidémie de MERS, qui s’est développée dans la péninsule arabique en 2012.

Un virus découvert à Yunnan?

Récemment, un article du New York Times présentait les travaux d’une équipe de chercheurs chinois, dont la scientifique Zheng-Li Shi, de l’Institut de virologie de Wuhan, qui en 2005 avait réussi à démontrer que la source du SRAS provenait des chauves-souris. Les travaux de l’équipe ne s’étaient pas arrêtés là et, en 2017, les chercheurs avaient publié un article démontrant que l’origine même du virus du SRAS venait d’un genre précis de chauve-souris : le Rhinolophus.

Une population de cette sorte de chiroptères, qui habite une grotte dans la province de Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine, hébergerait des souches virales très particulières, selon le rapport. Le document a intéressé les journalistes américains pour une raison bien précise. En effet, les scientifiques avaient précisé que ce genre de chauve-souris avait tous les composants pour qu’un prochain coronavirus soit transmis à l’humain et puisse provoquer des pandémies.

Selon Mme Shi, le génome du coronavirus qui se répand actuellement est identique à 96 % à celui retrouvé dans ce type de mammifère.

Selon Peter Daszak, le président de EcoHealth Alliance, une organisation à but non lucratif basée à New York qui mène des recherches scientifiques en lien avec la santé, investir davantage dans la santé publique et la recherche, en allouant des budgets plus gros, pourrait aider à contrer ce genre d’épidémie. M. Daszak travaille en étroite collaboration avec l’équipe de Mme Shi depuis la crise du SRAS et, selon lui, un plus grand financement aurait permis aux chercheurs de peut-être trouver certains remèdes contre ces types de virus. Et ce, avant qu’une autre contamination n’affecte le monde entier. Avec le nombre d’avions qui se déplacent chaque jour, il est difficile de contenir la maladie à un seul endroit et les dommages pourraient être très dispendieux, toujours selon le chercheur.

Tout de même, il n’est pas possible d’affirmer qu’un tel virus aurait pu être prévenu, sachant que la transmission de maladies d’animaux à humains n’est pas un phénomène nouveau. Par contre, comme l’affirme Peter Daszak, des scientifiques essaient depuis les 15 dernières années de mettre les populations en garde contre ces virus, ce qui, à l’heure actuelle, s’avère assez frustrant pour lui.

Et les masques dans tout ça?

Source de débats depuis les dernières semaines, les fameux masques de protection ne s’avéreraient pas si utiles que ça. Au Québec, même si jusqu’à présent aucun cas du coronavirus n’a été rapporté, ces masques sont déjà difficiles à trouver en magasin.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), «leur utilisation est plus indiquée pour les patients chez qui une infection est suspectée, ainsi qu’aux professionnels de la santé qui les soignent.» Pour l’instant, les experts affirment qu’il n’y a pas lieu d’en porter. Même que, portés trop longtemps, ces masques peuvent avoir les effets contraires et accroître le risque d’infection. Le MSSS affirme d’ailleurs que les règles d’hygiène de base restent les meilleurs outils de prévention.

Certaines compagnies sont même en rupture de stock, ce qui démontre la «panique» ressentie chez une partie de la population. Pourtant, trois cas seulement ont été répertoriés au Canada à ce jour — deux en Ontario et un en Colombie-Britannique — et toutes les mesures sont prises pour que ces cas ne se répandent pas davantage.

Que faire pour ramener les ressortissants canadiens au pays?

Les autorités canadiennes travaillent présentement à l’élaboration d’un plan qui permettra de répondre à l’aide consulaire qu’ont demandée plusieurs Canadiens retenus en Chine.

La France devrait, si tout s’est déroulé dans l’ordre, avoir permis à au moins 250 Français de rentrer au pays. La ministre de la Santé avait précisé que des équipes médicales allaient être envoyées sur le terrain et «plusieurs avions [allaient] se succéder» afin que les gens infectés ne soient pas mélangés avec ceux qui ne le sont pas. Les personnes qui, de prime abord, n’étaient pas infectées allaient tout de même devoir passer 14 jours en isolement à des fins préventives.

Reste à voir ce que le Canada décidera de faire et pour quelles mesures choisira-t-il d’opter afin que la propagation du virus soit la plus minimale possible.

La date du vaccin encore indéterminée

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dr Theresa Tam, a affirmé le 29 janvier dernier qu’un vaccin prendra probablement un an à être développé. Elle s’est toutefois faite rassurante en précisant que le risque de contracter la maladie demeure faible et que le Canada est bien mieux préparé à ce genre d’épidémie que lors de celle du SRAS en 2002.

Finalement, même si la situation peut paraître inquiétante, les experts confirment qu’en Amérique du Nord, il faut relativiser avant de se mettre à angoisser. Si l’on prend l’ensemble de la population, le nombre de personnes infectées représente une portion très, très minime. La situation est beaucoup plus dangereuse pour les pays qui ont un système de santé moins développé. De plus, il ne faut pas oublier que d’autres virus de la grippe tuent chaque année des milliers de personnes au pays.


Crédit Photo @ Le Dauphiné Libéré

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