Course ou passe? Là est la question…

Bill BelichickLa décision de faire une passe à quelques secondes de la fin lors du 49e Super Bowl alors que s’affrontaient les Seahawks et les Patriots était-elle bonne? Nous ne répondrons pas à la question, mais il est clair que les entraîneurs ont souvent le gros bout du bâton quant aux actions des athlètes. Mais à quel prix?

Par Andrée-Anne Roy

En effet, les coachs se doivent d’obtenir la confiance des athlètes ou de l’équipe, sans quoi les actions ne seront plus cohérentes. « Ces liens de confiance se travaillent tous les jours, c’est par ce qu’on communique et ce qu’on reçoit qu’on encourage nos joueurs », nous dit David Lessard, entraîneur-chef de l’équipe de football du Vert & Or.

Vouloir et pouvoir

Quand on pense aux conflits entre coachs et joueurs, on vient à se demander pourquoi ils existent. Pour un mauvais choix de jeu, pour une punition non méritée, pour un temps de jeu insuffisant… Toutes ces critiques ont-elles lieu d’exister? Comme discuté avec coach Lessard, rendu à un tel niveau, les joueurs choisissent d’être au sein de l’équipe. « Si tu n’es pas content, va-t’en! », nous dit-il en parlant des joueurs insatisfaits. On est loin du temps où ton père te coachait et que tu pouvais le prendre par les sentiments.

Un coach doit comprendre les membres de son équipe, les éclairer, les instruire et surtout les guider. Certains sports offrent une plus grande liberté aux joueurs que d’autres, mais suivre un plan de match est toujours la clé. Il y aura toujours des individus plus controversés que d’autres, qui, tant bien que mal, ne suivent que rarement les règles ou les conseils. La volonté d’apprendre doit être présente. Comme le dit Lessard, les décisions sont prises pour le mieux de l’équipe. Les joueurs sont souvent conscients de l’alignement plusieurs jours à l’avance, pouvant ainsi se préparer mentalement pour le match. Cela a pour effet de réduire leur déception et d’atténuer les désaccords sur le vif et lors de la partie.

Avec les décisions viennent les responsabilités

La pression n’est pas uniquement sur le dos des athlètes performants, mais aussi sur les coachs qui doivent choisir l’alignement, les jeux et les moments-clés. Comment assumer et justifier toutes ces décisions?  « Tout se fait dans la préparation », dit Lessard. En effet, après chaque match, l’équipe d’entraîneurs s’évalue afin de voir ce qui aurait pu être mieux envisagé ou fait différemment. Ils préparent les situations de match par scénario, pour ainsi voir ce qu’ils feraient si telle ou telle situation subvenait.

« Coaching » et « politique » semblent souvent connexes, ne serait-ce que de penser aux connaissances, aux conflits d’intérêts et aux relations personnelles. Les conflits entre les équipiers et les entraîneurs sont souvent internes, dans le sens où ils demeurent souvent entre les joueurs sans jamais se rendre aux oreilles mêmes des entraîneurs. Il en est sans doute mieux ainsi! J’ai bien aimé l’analogie des deux chapeaux de coach Lessard qui nous explique que les conflits règnent lorsqu’il y a incompréhension des deux sphères, soit le chapeau décideur et le chapeau d’éducateur. Oui, les entraîneurs prennent les décisions, dont ce qui se passe sur le jeu, mais certaines fois, ils veulent faire évoluer un joueur à son plein potentiel et lui en apprendre plus. Les deux sphères ont toutefois un lien étroit, ce qui est souvent mal compris. Du coup, si tu t’impliques dans ton apprentissage, cela ne veut pas dire que tu joueras nécessairement davantage.

Pas d’excuses

Les coachs sont présents pour faire évoluer l’équipe, que ce soit sur le plan collectif ou individuel. Une équipe sans coach est mal partie. En effet, celui-ci sert de ligne directrice pour ainsi s’assurer d’avoir un objectif et des valeurs communes. Tous ceux qui ne se sentent pas interpellés par cette ligne de pensée n’ont qu’à se retirer. Certaines fois, c’est l’équipe qui choisit le joueur, mais quand c’est le joueur qui choisit l’équipe, il n’a aucune excuse. Des affirmations telles que « je ne suis pas un gars de pratique » ou « je suis un gamer » n’ont pas leur place dans une organisation sérieuse.

La rébellion des joueurs face à leur coach existera toujours en raison du rapport d’autorité qui n’est pas perçu de la même manière pour tous. Toutefois, il demeure qu’une équipe se doit d’avoir une figure autoritaire.

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