Critique de la pièce Ma première fois

Par Elie-Anne Lamerise-Dumont

À quel âge? Avec qui? À quel endroit? À jeun ou pas? Tant de scénarios possibles pour un seul et même thème : la première fois. Les quatre comédiens de la pièce Ma première fois nous présentent une foule de variations détaillées de l’acte (peut-être même un peu trop), toutes inspirées d’histoires vraies. Ces dernières ont été obtenues par le biais d’un blogue où monsieur et madame Tout-le-monde peuvent aller raconter leur première expérience sous la couette. 

Tout au long du spectacle, qui est à mi-chemin entre l’humour et le théâtre, les courtes scènes s’enfilent les unes après les autres pour nous raconter des péripéties à la limite du vraisemblable. Ils présentent les premières expériences sexuelles d’hommes et de femmes de tous les genres, dans toutes les situations : dans l’avion, dans le métro, en écoutant Occupation double, sur un banc de parc, le soir de la Saint-Valentin, etc. On parle de fellation, de masturbation, d’odeurs, de bas blancs, d’Éric Salvail, « d’oreillers beurrés de Crisco »… On jase de sexe pendant 90 minutes, sans détour ni censure. Le spectacle est réservé aux 16 ans et plus, et ce n’est pas pour rien!

Toutefois, cette pièce n’est pas pour tout le monde. Le sujet est cru et certains thèmes risquent de choquer les oreilles plus sensibles. Si toute la pièce doit être prise avec un grain de sel, les comédiens abordent tout de même des sujets plus violents, par exemple le viol. C’est malheureusement une réalité pour certains, et j’ai trouvé que c’était pertinent à aborder, selon le contexte.

Il faut faire une mention spéciale aux comédiens, non seulement pour leurs gémissements et leurs multiples coups de bassin, mais aussi pour leur précision et leur talent dans l’interprétation de tous leurs personnages. Les artistes se présentent sur scène soit en groupe ou à tour de rôle pour présenter leurs anecdotes et, une chose est sûre, ils ne donnent aucun temps mort aux spectateurs.

Même si leurs textes sont réglés au quart de tour, il y a eu certains moments où ces derniers ont improvisé. En effet, au retour de l’entracte, les comédiens ont interagi directement avec le public. Je dois dire que je ne m’attendais pas à un spectacle interactif, mais c’est certainement le moment que j’ai préféré. À leur arrivée, les spectateurs étaient invités à remplir un questionnaire sur leur première expérience sexuelle, et les comédiens ont repris les plus cocasses devant toute l’audience! J’ai trouvé que c’était une bonne valeur ajoutée au spectacle, puisque ce moment a changé la dynamique et a permis au public de se remettre dans une ambiance humoristique avant d’entamer la seconde partie. Il y avait certaines longueurs lors du spectacle, puisque, n’ayant qu’un seul sujet abordé, les sketchs devenaient un peu redondants.

La pièce peut être qualifiée de drôle, maladroite, extatique, inoubliable, oubliable, sensuelle, longue, ou encore banale… tout comme une première fois!


Crédit photo © mapremiere.qc.ca

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