Critique Seul sur Mars: Un Matt Damon fantaisiste dans l’enfer d’une vie martienne

Par Benjamin Le Bonniec

 

Suite à une violente tempête, une équipe d’astronautes de la Nasa quitte précipitamment la planète rouge. Lors de l’évacuation, l’un d’entre eux, Watney (Matt Damon), est laissé pour mort. Pourtant, l’astronaute-botaniste est bien vivant, et lorsqu’il reprend connaissance, celui-ci décide de tout envisager afin de survivre. L’espoir, l’optimisme et l’humour seront ses leitmotivs et la Nasa découvre finalement que l’homme survit bel et bien à l’environnement martien, malgré les difficultés.

Un optimisme constant à toute épreuve

Sir Ridley Scott n’en est pas à son premier coup d’essai en terme de film « spatial », mais il signe là l’une de ses meilleures concrétisations depuis les années 80. Entre majestueux paysages spatiaux et humour tournant à la dérision, le réalisateur d’Alien s’affirme ici comme l’un des maîtres du film de science-fiction. Pourtant, on demeure du début à la fin dans un « feel good movie » mettant en scène un Robinson Crusoe des temps modernes, cultivant des pommes de terre dans un environnement plus qu’hostile, à des milliers de kilomètres de la vie terrestre. Mais avant de se faire remarquer par la Nasa afin que son sauvetage soit envisagé, Witney doit assurer sa survie dans la solitude de l’immensité, apparaissant comme le seul habitant d’une planète où la vie telle qu’on la connait n’a pas son pareil.

Une organisation rigoureuse, des compétences pluridisciplinaires et un optimisme à toute épreuve se révèlent comme les ingrédients d’une telle survie. Car, il s’agit bien là de plusieurs semaines, de plusieurs mois et un tel sauvetage nécessite une volonté sans faille de la part de l’agence spatiale, mais aussi des moyens financiers déraisonnables. Mais ici, on est dans le cinéma américain, on est à Hollywood, et ce n’est pas l’argent qui manque, alors le secours de ce Damon martien semble devenir la priorité de la Nasa, loin de ses préoccupations habituelles, la vie d’un seul valant pour celle d’une nation entière, voire de la Terre dans son intégralité.

Un Matt Damon surprenant

Et ce Damon, on l’aime bien; loin de ses rôles de perdant, à des années lumières de ce faciès de victime qu’il nous a trop montré depuis le depuis de sa carrière. Après avoir été l’un de ses premiers détracteurs, je reconnais qu’avec ce rôle-là, Damon s’affiche enfin à la hauteur du talent que l’on peut lui reconnaître, un acteur brillant dans un rôle taillé pour lui. Le reste du casting (Sean Bean, Jessica Chastain, Chiwetel Ejiofor) se révèle secondaire, Ridley Scott se concentrant essentiellement sur la véracité d’un potentiel scénario malgré l’avis tranché des pessimistes, tout comme sur la qualité du « trip » visuel qu’il propose. Tournées dans le désert de Jordanie, les images demeurent à couper le souffle, révélant un gigantesque territoire entièrement désertique et Scott entre même par moment dans le registre du « road-trip » pour faire défiler ces paysages planétaires et spatiaux.

Alors bien sûr, la Nasa a annoncé la semaine même de la sortie du film avoir trouvé de l’eau à l’état liquide sur Mars, et on ne peut qu’être suspicieux quant à l’opportunité saisie par la puissante Hollywood; tout comme on peut l’être avec cet éloge d’une suspicieuse collaboration américano-chinoise, il n’en reste pas moins que l’on peut être conquis par ce « blockbuster » nous faisant voyager bien au-delà de nos frontières.


© Allocine.fr

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