Pour une culture mieux établie en Estrie

Par Katrine Joncas

Connaissez-vous la Stratégie culturelle estrienne 2017-2022? Le Collectif y a jeté un coup d’œil afin de constater l’importance que la région de l’Estrie accorde à la culture dans la société.

Villageois et villageoises

Plusieurs choses sont importantes dans une ville. Les résidents désirent notamment de la sécurité et des voisins pas trop bruyants, mais un des points majeurs qui font d’une ville un endroit où les gens sont fiers d’habiter, c’est l’ambiance, et ambiance dit culture.  En tant qu’étudiant, une ville où la créativité culturelle brille par sa présence connue est un critère essentiel. Une ville qui vit, une ville où on est fière d’étudier, d’habiter. Pour la région de l’Estrie, d’ici 2027, la culture sera « un déterminant essentiel [du] développement » de la région et cela, c’est gagnant.

La division du plan

Le plan a débuté l’an dernier et s’étirera pendant encore quatre ans, soit jusqu’en 2022. Les différents buts abordés dans cette stratégie reposent sur six axes de développement : les mécanismes de collaboration et de concertation intersectorielle et interdisciplinaire, le financement des arts et de la culture, l’éducation culturelle pour tous et plus précisément celle des plus jeunes, la mise en œuvre d’une stratégie de communication organisée de façon à être entendue par toute la communauté estrienne, les services aux artistes ainsi qu’aux organismes culturels, et finalement le virage numérique assumé par le secteur culturel.  De ces six angles stratégiques découlent des objectifs qui exposent les réels besoins d’une ville quant à la mise en lumière de la culture.

Une collaboration étendue

Le premier axe vise à étendre la culture sur plusieurs aspects de la ville, notamment la santé, le tourisme, le milieu communautaire et le milieu anglophone. Entre autres, un des objectifs qui attire l’attention est l’appel aux artistes ainsi qu’aux organismes culturels pour qu’ils mettent eux aussi la main à la pâte dans la mise en œuvre d’activités reliées à d’autres secteurs. Par exemple, le plan mentionne que la jonction entre la culture et la santé peut mener à une liaison entre la qualité de vie et la qualité des soins.

Des prix plus stables

Qui dit culture, dit financement. Depuis plusieurs années au Québec, la question du financement de la culture est un sujet d’actualité fréquent. Majoritairement, les objectifs associés à cet axe visent l’augmentation du financement en provenance de l’administration publique québécoise, des municipalités, ainsi que des MRC estriennes, du secteur privé, et finalement des revenus autonomes qui proviennent des organismes culturels de la région. Bien sûr, il faut donc que la population s’attende à voir une augmentation des coûts dans les prochaines années, mais en s’attendant à cela, il faut aussi qu’elle s’attende à une augmentation de la présence culturelle.

Un autre point marquant de cet axe est le développement d’une charte qui servira à rémunérer plus équitablement les artistes qui se produisent en Estrie. Comme le mentionne la présidente du Conseil de la culture de l’Estrie, Sylvie Luce Bergeron, il faut établir « le prix plancher ».

Une éducation plus assidue

Pour une continuité plus assurée, les plus jeunes de la société doivent être assidûment éduqués afin d’être en mesure de comprendre, mais surtout d’apprécier la culture qui les entoure. C’est pourquoi le plan propose plusieurs actions pour faciliter l’accès des jeunes, mais aussi celle des moins jeunes, à la culture. Pour ce faire, le plan établit aussi l’objectif d’aider les plus vieux qui sont engagés dans l'enseignement de la culture aux cadets.

Se faire connaître

Présentement, la grande région de l’Estrie compte 3 395 individus travaillant dans le domaine de la culture et des communications, 580 professionnels en arts plastiques et arts de la scène, ainsi que 315 résidents et résidentes employés dans des archives, bibliothèques, musées et galeries d’art. Bien que ces chiffres semblent importants, les objectifs notés dans le plan indiquent la volonté d’une augmentation du nombre d’acteurs dans le domaine de la culture, et la transmission d’une connaissance de la culture.

Soutenir et comprendre

Les deux derniers axes du plan visent respectivement à offrir des services pour soutenir les artistes et à donner une place plus importante au numérique qui prend de plus en plus de place. En fait, l’Estrie désire être plus impliquée dans la production des artistes. L’objectif est de mettre davantage de ressources à la disposition des organismes culturels pour qu’ils puissent œuvrer plus aisément dans leur domaine.

Pour ce qui est du dernier angle, le but est d’assurer un développement culturel qui est en complète symbiose avec le virage numérique. Un plan d’action exclusif au numérique serait créé par un comité. De plus, les travailleurs culturels seront invités à développer leurs compétences numériques.

Du travail acharné

Enfin, il est possible de réaliser que tous les axes s’emboîtent. Un lien logique existe entre chacun d’entre eux. Par exemple, une connaissance plus approfondie de la culture mène à la possibilité de la partager à d’autres aspects, comme la santé. Aussi, une meilleure éducation aide à bien définir les barèmes de financement qui devraient être attribués à la culture dans une région comme l’Estrie.

Bien que le nombre d’objectifs fixés dépasse largement le réel, la stratégie propose des objectifs réfléchis ainsi que des objectifs clairs. Il ne faut tout de même pas s’attendre à voir tout changer dès demain matin, mais les efforts investis dans ce plan ont le potentiel de briller d’eux-mêmes grâce à leur bon sens. Pour une culture plus présente, il est nécessaire que des sacrifices soient faits, mais aussi que plusieurs personnes travaillent fort et en amont pour faire briller la culture au sein de la société.


Crédit Photo @ Wikimedia Commons

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