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Pour une culture plus générale

Par Zoé Nadeau-Vachon

Peut-être avez-vous déjà remarqué, au cours d’interactions sociales plus ou moins fructueuses, que certaines personnes « cultivées » se plaisent à le faire savoir aux autres.

Nous connaissons tous des gens qui s’adonnent au name dropping, soit l’art peu subtil de citer des noms connus dans le but d’impressionner ses interlocuteurs. En culture, cela se traduit notamment par une discussion ponctuée de noms d’institutions culturelles, d’œuvres connues ou d’artistes célèbres. Qu’ils en soient conscients ou non, les adeptes du name dropping se servent de ce procédé pour bâtir leurs rapports sociaux en établissant leur présumée supériorité intellectuelle.

Devant ces gens qui déploient constamment l’étendue de leurs connaissances, il est facile de se remettre en question. Si nous ne reconnaissons pas toutes les références culturelles énoncées, cela signifie-t-il que notre culture générale est incomplète?

De façon implicite, la culture générale est comprise comme l’ensemble de connaissances que tous les individus devraient posséder. Or, il n’existe aucune définition exacte et officielle de ce qu’est la culture générale et des critères qui limitent les connaissances qu’elle devrait inclure.

En réalité, il est illusoire de croire qu’il existe un ensemble de notions qui puissent être partagées par tous. Nous acquérons chacun des connaissances selon nos intérêts, nos expériences personnelles et nos champs d’expertise. Il n’existe aucune connaissance qui soit plus noble qu’une autre, même si un certain prestige est souvent associé à une culture plus « classique ». Nous évoluons tous dans des domaines distincts, il est donc normal que nous ayons des connaissances approfondies sur différents sujets! D’ailleurs, et si le flou entourant la notion de culture générale suggérait qu’il revient à chacun de bâtir sa propre culture générale?

Être cultivé, ce n’est pas seulement sortir gagnant d’une soirée quizz qui demande de reconnaitre les deux premiers accords de classiques musicaux. Cela ne se limite pas non plus à connaitre toutes les œuvres clés du courant impressionniste, ou à pouvoir tenir une discussion sur l’œuvre de Camus. Être cultivé est plutôt un état d’esprit, caractérisé par le désir continu de s’instruire, d’enrichir ses connaissances et de développer son esprit critique.

La culture ne devrait pas être élitiste et déterminer nos rapports sociaux. Elle devrait plutôt être synonyme de partage et d’épanouissement. La culture est accessible à tous, et ce, dans toute sa diversité.


Crédit Photo © Pixabay

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