Par Josiane Demers 

CRITIQUE/Étourdissant, percutant et touchant, voilà ce qui résume le film d’Anaïs Barbeau-Lavalette basé sur le roman de Geneviève PettersenLa Déesse des mouches à feu trace un portrait authentique de l’adolescence des années90.  

Le parcours festivalier du long métrage s’est amorcé à la Berlinale2020, mais a toutefois été interrompu par la crise sanitaire mondiale. Il est maintenant de retour en salle au Québec au grand bonheur des cinéphiles.  

L’histoire est ficelée autour du personnage de Catherine, interprété avec brio par Kelly Dépeault (L’échappée) qui perce l’écran. Le récit commence alors que l’adolescente célèbre ses 16ans, un matin de semaine, sur fond de dysfonction parentale 

Caroline Néron et Normand D’Amour campent avec une authenticité désarmante les parents de Catherine. La violence verbale, parfois même physique, règne dans la maison familiale. Cependant, l’amour, souvent maladroitement exprimé, est omniprésentCes deux adultes semblent tellement habités par leur souffrance qu’ils en oublient leur fille 

Alors que ses parents se séparent, Catherine passe la plupart de son temps chez sa mère. Les scènes mère/fille sont toujours des moments forts dans ce film. Caroline Néron livre certainement sa meilleure performance d’actrice à ce jour.  

Le désir d’être populairela découverte de la sexualité et l’expérimentation avec les drogues habitent Catherine qui s’identifie particulièrement au personnage de Mia Wallace dans Pulp Fiction. Elle trouve alors un nouveau groupe d’amis.  

Le tourbillon commenceLes fêtes où l’alcool coule à flots sont fréquentesLa consommation de mescaline est quotidienne pour ces adolescentsLes gros plans de leur visage, les mouvements de caméra et la musique, qui est un personnage en soi, nous donnent l’impression de nous engourdir avec eux.  

L’interprétation des jeunes comédiens est empreinte d’une indéniable vérité. C’est désarmant. Les spectateurs s’attachent à ses personnages malgré leurs failles.  

Catherine vit son premier amour avec Kevin. L’acteur Robin L’Houmeau (Fugueuse, saison2), incarne le jeune homme qui, tout en nuances, nous permet de déceler un mal de vivre, une souffrance bien cachée.  

Le film accuse parfois certaines longueurs, surtout dans les scènes de party qui auraient pu être moins nombreuses et raccourcies. Néanmoins, la qualité de la réalisation, de la direction photo et du jeu, accompagnée d’une trame sonore recherchée et efficace fait vite oublier ce bémol.  

L’œuvre s’éloigne des clichés souvent utilisés pour dépeindre l’adolescence à la télévision et au cinéma. Rien n’est romancé ou exagéré. Chaque action et chaque mot sont d’une justesse presque déconcertante. 

Ne serait-ce que pour les dix dernières minutes, le film vaut la peine d’être vu. Sur une version par l’artiste autrichienne Soap&Skin du succès des années 1980 Voyage voyage, le long métrage se termine sur une scène émouvante qui ne manque pas d’arracher quelques larmes au public.


Crédit photo @ Entract Films 

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