De clowns sinistres à curateurs du rire

Par Sofie Lafrance

Les récents événements ressassant l’apparition de plusieurs individus déguisés en clowns sinistres pour terroriser les populations urbaines partout à travers le monde ont des impacts collatéraux beaucoup plus importants qu’imaginés. De prime abord, il s’agit d’un métier pour certains et d’une marque de commerce pour d’autres, dont les réputations sont dorénavant entachées.

Difficile de ne pas y penser, la super-chaîne de restauration américaine dont raffolent les enfants a décidé de réduire les apparitions de son célèbre emblème Ronald McDonald. Selon La Presse, à la venue de la fête de l’Halloween, McDonald’s est conscient qu’il doit restreindre et choisir adéquatement les apparitions de sa mascotte au sein d’événements festifs impliquant des enfants. Toutefois, les dégâts graves sont ressentis directement par les clowns professionnels, inquiets par rapport à leur image et à leur statut d’emploi.

Les Patch Adams de ce monde

Sur une note plus positive, pourquoi donc ne pas vous présenter un métier nébuleux, celui de clown thérapeutique, dont seuls les vestiges du film Docteur Patch mettant en scène Robin Williams sont collectivement connus. À vrai dire, le Gesundheit Institute est réellement le créateur de ces nouveaux soins humanitaires au début des années 1970, le docteur Hunter Patch en est d’ailleurs l’ambassadeur. Selon La Presse, les Gesundheit Institute sont présents dans 65 pays sur cinq continents et la mission du rire qui les guide ne les quitte jamais.

Le métier de clown thérapeutique est désormais répandu : les Klinikclowns d’Autriche, le Doctor Clown du Royaume-Uni, les Clowns on Rounds de New York, l’Association Docteur Clown de France, les Doutores da Alegria du Brésil, les Fools for Health d’Ontario, au Canada et les Dr Clown du Québec! Ce métier est pratiqué par des professionnels des arts de la scène et du spectacle ayant suivi une formation en art clownesque.

Selon Françoise Descoteaux de l’Université du Québec à Trois-Rivières, les clowns thérapeutiques ont pour mission de divertir et de détendre les patients des centres hospitaliers ou d’hébergement, de même que leurs familles et le personnel soignant, qui évoluent dans un environnement stressant et peu commun. Pour ce faire, les clowns thérapeutiques s’adaptent aux situations des patients et empruntent l’humour, la tendresse et le jeu. Ils sont vêtus d’un sarrau médical et d’un nez rouge seulement, pour éviter d’effrayer les jeunes patients.

Les clowns thérapeutiques, bien qu’ils exercent ce métier pour venir en aide aux malades, ressentent divers bienfaits de leur métier. Le simple fait de pouvoir faire oublier la maladie l’instant d’un fou rire est hautement satisfaisant. Le rire permet de réduire les tensions dues au stress, le sentiment de solitude, la souffrance et la détresse chez les patients. Il s’agit enfin d’un excellent exercice respiratoire, se rapprochant carrément des techniques de respiration du yoga, car il stimule directement le cœur.


Crédit photo © turkcealtyazi.org

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