Par Christophe Lachance-Tardif

Le report des derniers Jeux olympiques d’été est bien mal tombé pour Maïté Bouchard, une étudiante-athlète de l’Université de Sherbrooke, puisque cette dernière comptait représenter le Canada à l’épreuve de course de 800 mètres. Même si elle est déçue de l’annulation, ses yeux sont maintenant rivés vers l’été prochain pour Tokyo 2021.

Maïté est avant tout une étudiante au doctorat en médecine à l’Université de Sherbrooke. Même avec une énorme charge de travail associée à son domaine d’étude, cette dernière parvient à combiner avec brio l’entraînement et les études en médecine, chose que peu d’athlètes ont réussi à accomplir.

« C’est certain que ça amène son lot de défis de concilier les deux disciplines. Ça implique beaucoup de conflits d’horaire et de fatigue, entre autres, mais j’adore vraiment ce que je fais », explique la femme de 25 ans.

Combiner médecine et entraînement : un avantage plutôt qu’un inconvénient

Afin de consacrer une plus grande partie de son temps à l’entraînement, Maïté avait mis ses études sur pause en 2017. Malgré cela, elle s’est vite rendu compte qu’elle avait besoin de joindre la médecine et la course pour bien performer dans sa discipline. « Durant cette année-là, j’avais l’impression que l’athlétisme prenait trop de place. Quand tu as tout ton temps devant toi pour t’entraîner, ça te donne toutes les raisons du monde de bien performer. Je me mettais une pression supplémentaire énorme sur les épaules », soutient l’athlète sherbrookoise.

« J’aime faire deux choses en même temps, ça occupe mon esprit et ça me permet de ne pas concentrer tous mes efforts dans le même domaine. J’adore l’équilibre que me procure la médecine et l’athlétisme, ce qui fait que je suis plus épanouie et je performe mieux du côté sportif », poursuit-elle.

Du volleyball à l’athlétisme

C’est par pur hasard que Maïté a commencé à s’intéresser à l’athlétisme. En effet, c’est à l’âge de 16 ans qu’elle s’est tournée vers cette discipline au moment où son équipe de volleyball venait d’être dissoute en raison d’un faible taux de participation. « Je suis allée jogger avec mon père et il m’a suggéré d’essayer l’athlétisme. Dans le cadre de son métier (physiothérapeute), il traitait des athlètes issus du milieu de l’athlétisme », explique la principale intéressée.

« J’aime bien raconter l’anecdote de mon premier entraînement. J’étais déjà vraiment épuisée après le réchauffement, j’avais de la difficulté à croire qu’il y avait un autre entraînement par la suite. Bref, ce ne fut pas un franc succès », dit-elle en riant.

Elle raconte même que Simon Croteau, son entraîneur à l’époque, qui remplit toujours les mêmes fonctions encore aujourd’hui, pensait fermement que l’ex-joueuse de volleyball ne serait pas de retour pour le deuxième entraînement. Toute une anecdote qui démontre à quel point Maïté a connu une ascension fulgurante dans son sport.

«Jamais je n’aurais cru me rendre si loin»

Somme toute, l’étudiante de l’UdeS a connu une belle progression à travers les années grâce à l’expérience qu’elle a acquise lors de ses nombreuses compétitions. C’est seulement quelques années plus tard qu’elle a commencé à rêver d’atteindre le niveau maximal au sein de sa discipline.

« J’ai fait l’équipe nationale canadienne pour la toute première fois en 2016 et c’est à partir de ce moment-là que le déclic s’est produit à l’intérieur de moi. J’ai commencé à réaliser l’envergure de la chose. Je dirais que même en 2016, c’était plus un rêve qu’un objectif pour moi d’aller aux JO », mentionne-t-elle.

« Ça fait seulement deux ans que je suis en mesure de verbaliser et d’assumer mon objectif quant à mon désir de participer aux Jeux olympiques », ajoute Maïté Bouchard.

Une préparation plus complète en vue des JO

Même si elle ne cache pas sa déception quant au report des derniers Jeux olympiques en raison de la pandémie, cette dernière préfère garder un esprit optimiste face à la situation actuelle. « Oui, j’étais déçue de ne pas pouvoir y participer cette année, mais j’essaie vraiment de voir tout ça comme une occasion de mieux me préparer. »

L’étudiante-athlète estime qu’il est toutefois difficile de se préparer à fond en raison de l’incertitude entourant la tenue des prochains Jeux olympiques (au moment d’écrire ses lignes, les JO de Tokyo doivent se tenir du 23 juillet au 8 août 2021). Néanmoins, elle juge qu’elle est au sommet de sa forme physique malgré les difficultés logistiques qu’a pu causer la pandémie.

« Je me sens vraiment bien, j’ai eu un bon bloc d’entraînement cet été et mon corps est même en avance physiquement par rapport à la même date l’an dernier. Ce sont les manques de repères qui sont difficiles. J’ai pris part à seulement deux petites compétitions cet été, donc c’est difficile de mesurer réellement mes performances. Je ne sens pas que ce fut une année gaspillée, bien au contraire, j’ai l’impression d’avoir progressé, même si je n’ai pas pu tirer profit de ma bonne forme physique. »

De la créativité pendant le confinement

Maïté et son entraîneur ont dû faire preuve de créativité dans cette nouvelle réalité dictée par la pandémie. En effet, en raison de la fermeture des gyms et des pistes d’athlétismes, ils ont créé différents blocs d’entraînement axés sur la course sur route.

« Je cours en plein air à longueur d’année, donc ce ne fut pas une si grande adaptation pour moi d’aller courir sur la route. Le défi, c’est de trouver des endroits plats pour courir à Sherbrooke ! » s’exclame-t-elle.

« Je me prépare déjà pour la deuxième vague advenant le cas où tout devrait fermer à nouveau. J’ai tout ce qu’il faut comme équipement pour pouvoir m’entraîner chez moi maintenant. »

Avec un peu moins de huit mois avant le coup d’envoi des Jeux olympiques de Tokyo, Maïté Bouchard devrait terminer son doctorat en janvier prochain. Elle aura amplement le temps de se préparer afin de ramener une médaille en sol estrien !


Crédit Photo @ Maïté Bouchard

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