Pas de stages rémunérés pour tous, tranche la ministre Hélène David

Par Dorian Paterne Mouketou

Alors que les étudiants des universités et cégeps québécois avaient soumis l’idée d’offrir à tout le monde des stages de fin d’études rémunérés, la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a posé de façon ferme son opposition à cette initiative. Selon elle, les stages de fin d’études sont considérés comme une formation, et non comme un travail.

Nous nous rappelons sans doute des manifestations de Québec, orchestrées en début d’année par des étudiants étant partis de Montréal, de Sherbrooke, de l’Outaouais, des Laurentides et d’autres régions de la province. Ces manifestations avaient pour but de lancer un message clair au gouvernement Couillard, et principalement à la ministre Hélène David : la réclamation des stages rémunérés pour tous! Après des mois de lutte, la ministre n’a pas su satisfaire aux cris des étudiants québécois, ce pour quoi les députés des partis d’opposition critiquent fermement le gouvernement Couillard.

Le Parti québécois, Québec solidaire et la Coalition Avenir Québec se mettent du côté des étudiants dans leur bataille pour des stages rémunérés. Parmi ceux réclamant la rémunération des stages, comptons les étudiants au baccalauréat en enseignement. Au niveau collégial, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) milite également pour la même cause. Cette lutte est menée depuis quelques années, les étudiants multipliant les demandes à la ministre David.

Au Québec, certains programmes bénéficient des stages de fin d’études rémunérés. Les étudiants en médecine et en psychologie sont payés pour leur travail effectué à la fin de leurs études. Certains programmes coopératifs offrent également les mêmes avantages. À l’Université de Sherbrooke, les étudiants aux baccalauréats coopératifs en génie, en administration des affaires, en communication et en droit se voient offrir un salaire pour leurs stages, pendant et à la fin du baccalauréat. Cette situation jugée injuste par d’autres étudiants a donc été portée devant le gouvernement Couillard, qui refuse de considérer le stage de fin d’études comme un travail. C’est dans cette même vision que la ministre Hélène David a soutenu que le stage de fin d’études est une formation. Autrement dit, un étudiant ne peut pas être payé pour une formation.

Quelle solution nous propose donc madame la ministre? Par défaut de permettre une équité entre les étudiants profitant de stages rémunérés et ceux suivant une simple « formation », madame David propose un plan. Elle promet aux étudiants du baccalauréat en enseignement 11 000 $ en prêts et bourses lorsque ceux-ci arrivent en quatrième année. Rien de plus : pas de rémunération, juste de la dette.

Malgré ces propositions, les luttes pour des stages rémunérés n’ont pas cessé. Beaucoup de mouvements se sont créés pour continuer le combat. Nous avons d’ailleurs vu apparaitre au Québec la Campagne de revendications et d’actions interuniversitaires pour les étudiants et étudiantes d’éducation en stage (CRAIES) et le mouvement CUTE Campagne sur le travail étudiant.


Crédits Photo © Huffington Post

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