Décrochage scolaire à l’université

Par Frédérick Cadieux Boudrias, Chrislain Ivoulou et Élisabeth Barbeau-Francoeur

Le décrochage scolaire est un phénomène qui est souvent abordé au sein de notre société. Dans les propos des professionnels qui s’y intéressent, il est souvent question de prendre des mesures préventives immédiates à l’égard des jeunes afin de les garder le plus longtemps possible sur les bancs d’école. D’ailleurs, selon les lois en vigueur, sur le territoire, il est obligatoire pour les jeunes de fréquenter l’école jusqu’à l’âge de 16 ans. Cependant, en tant qu’étudiants universitaires, qu’en est-il à notre niveau études?

Vous n’êtes pas sans savoir que contrairement aux niveaux d’études primaires et secondaires, l’université n’est pas une institution que nous fréquentons dans le but de respecter une quelconque loi mise en vigueur par les membres du gouvernement. Poursuivre des études jusqu’à ce stade correspond plutôt à une décision que nous avons prise indépendamment des obligations. D’ailleurs, selon les résultats d’un sondage que nous avons effectué auprès de la population étudiante de l’Université de Sherbrooke afin de savoir la raison pour laquelle ils suivent des études supérieures, il s’avère que pour la majorité des répondants, l’influence de leur entourage ou la fuite d’une quelconque responsabilité n’y étaient pour rien. En effet, 60 % des étudiants de l’échantillon ont déclaré ne pas avoir été influencés par leurs parents dans leur choix de s’engager dans la poursuite de leurs études, puis pour 58 % d’entre eux, il n’était pas question d’éviter le marché du travail en faisant ce choix. Cette distance à l’égard de leurs parents par rapport à une telle décision concernant leur avenir témoigne du caractère d’indépendance et de la volonté de se responsabiliser des universitaires. Néanmoins, d’après une étude publiée en 2012 par l’économiste Pierre Fortin, le cas du décrochage serait pire à l’université. En effet, d’après ses propos cette année-là, un étudiant sur trois inscrit au baccalauréat finissait par abandonner ses projets scolaires. Ces informations mènent à s’interroger quant à l’origine de ce phénomène.

Les résultats de notre sondage nous ont également permis de constater que bien que les étudiants déclarent ne pas avoir peur d’affronter le marché du travail, ils semblent néanmoins vouloir bien s’armer afin de se garantir un emploi de choix lorsqu’ils seront disposés à travailler. En effet, plus de 80 % des personnes ont déclaré être inscrites à l’université dans le but d’avoir de meilleures perspectives d’emploi, de meilleures conditions de travail et pour maximiser leurs chances d’obtenir un emploi. De surcroît, deux personnes sur trois ont affirmé y être inscrites afin de se garantir un bon salaire plus tard. Cela dit, ces informations relatent que la majorité d’entre nous sont présents à l’université dans le but de s’assurer d’avoir une meilleure qualité de vie plus tard. Cependant, cela est-il un bon moyen de motivation pour nous afin d’en venir à bout de nos projets d’études? Quelle est la raison qui occasionne autant de décrochage et de changement de programme à l’université? Ne serait-ce là que la manifestation d’une génération qui exprime franchement ses intentions librement?

Toutefois, au grand désagrément des individus qui pensent que de nos jours les étudiants ne s’intéressent plus au savoir, notre sondage démontre à près de 80 % que les étudiants poursuivent également leur formation dans le but d’améliorer leur culture générale.


Crédit photo © Andrée-Anne Roy

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