Delivre_nous_du_mal_petitScott Derrickson est un habitué des films d’horreur. Après l’excellent L’exorcisme d’Emily Rose (2005) et le beaucoup moins réussi Sinister (2012), il nous offre Délivre-nous du mal, un film qui nous tient en haleine tout au long de ses 118 minutes de pures malices.

Alexandre Blanchard

Le film débute alors que deux agents des forces spéciales de New York se rendent au zoo du Bronx, après une dure journée de labeur, pour récupérer une femme qui a jeté son poupon dans la fosse aux lions (rien de moins). Sur les lieux, ils rencontrent un mystérieux suspect (Sean Harris) et ont toutes les raisons de croire que ce dernier est le dénominateur commun de tous les incidents étranges auxquels ils ont fait face plus tôt dans la soirée.

L’intrigue, tout au long du film, est ficelée comme une enquête policière. Chacun des indices que Ralph Sarchie (Eric Bana) découvre aide à éclaircir le mystère. L’histoire est cohérente et se tient, ce qui fait changement des films d’horreur habituels (particulièrement des « Slashers Movies »).

Sur ce plan, le film possède toutefois les défauts de ses qualités : les clichés du genre pullulent. Que ce soit l’agent de police au passé trouble qui délaisse sa famille trop obsédé par son enquête, ou encore son partenaire arrogant et téméraire, on y retrouve abondamment de stéréotypes.

La possession demeure un des thèmes préférés de Derrickson et il n’a pas hésité à en faire la thématique principale de sa plus récente œuvre. Le maquillage et les effets spéciaux rendent les possédés tout simplement bluffants et horrifiants. Les scènes les concernant sont tout simplement obscènes et crues. Pour ceux qui connaissent, on y retrouve parfaitement l’ambiance et la tension d’un Emily Rose.

Parlant de tension, elle est à son paroxysme lorsque Sarchie et son acolyte Butler (Joel Mchale) déambulent entre les murs cloisonnés d’un petit appartement miteux à la recherche de bruits et de phénomènes paranormaux. La moitié du film se déroule avec les protagonistes, lampe de poche au poing, avançant péniblement dans les méandres d’endroits tous plus effrayants les uns que les autres dans le but de résoudre l’enquête qui prend progressivement des allures paranormales à mesure où l’intrigue avance.

Mais ce qui contribue le plus à la tension ressentie au cours du visionnement est l’ambiance sonore qui s’avère incroyable. En plus d’entendre des interférences et des rires d’enfants à vous glacer le sang, l’agent Sarchie entend à maintes reprises des cris stridents et gutturaux qu’on dirait tout droit sortis des neuf cercles de l’Enfer.

Le long métrage est filmé froidement et l’esthétisme dépeint un New York lugubre et sans vie qui colle parfaitement à l’histoire racontée. Même lors des plans où l’astre lumineux pointe le bout de ses rayons, on sait pertinemment que le mal n’est jamais bien loin.

Malgré quelques « jump scares » forcés et désagréables à souhait, Délivrez-nous du mal harcèle avec sa tension incessante et réussit à faire peur, tout en nous tenant sur le rebord du siège de manière grandiose comme peu de films d’horreur savent encore le faire de nos jours.

5.3/7

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