Démystifier la sécurité {lors des 5@8}

Par Marianne Blouin-Caron

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Vêtements chauds, téléphone chargé et armée d’un crayon et d’un calepin, j’attends devant le Pavillon multifonctionnel pour débuter ma première mission: démystifier la sécurité durant les partys étudiants.

À 6 h 30, je rencontre monsieur Jacques Girard, le directeur de division et coordonnateur des mesures d'urgence, et son équipe d’environ 10 agents devant la bibliothèque. La nuit s’annonce froide et mouvementée: la mission de ce soir est de satisfaire le Service de transport de Sherbrooke (STS) et d’observer l’application des nouveaux règlements.

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Nouveaux règlements 

Après une longue discussion avec la Fédération étudiantes de l’Université de Sherbrooke (FEUS), le 21 octobre dernier, le Service de transport de Sherbrooke (STS) a mis sur pause sa décision de suspendre les arrêts d’autobus au terminus de l’université les jeudis soirs.

Pour séparer les fêtards du réseau public, la navette spéciale pour le centre-ville a été déplacée devant le pavillon B1. De plus, un agent de sécurité est placé à bord de chaque autobus pour assurer la sécurité du conducteur et des passagers.

Désormais, les organisateurs ont plus de responsabilités. Ils doivent assurer la sécurité à chaque entrée et vérifier que chaque étudiant ait leur carte de l’université. Quant aux visiteurs, ils doivent être accompagnés de deux étudiants de l’UdeS pour accéder à la fête.

Un maximum de deux consommations par service est en vigueur pour favoriser une consommation responsable. Lorsqu’il y a des extensions, le bar cesse ses ventes de «shooters» et de bières fortes à la troisième heure. En cas de vandalisme, le prix des consommations augmentera la semaine suivante.

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Le rôle des agents de sécurité

Les agents sont présents pour porter assistance aux organisateurs, entre autres dans les cas de comas éthyliques. Ils s’occupent aussi de faire respecter les règlements de l’établissement. Bref, ils sont les chiens de garde de l’établissement.

Environ cinq agents s’ajoutent à l’équipe de base lors des activités prolongées pour maximiser la sécurité sur le campus. «Ensemble, les associations vont donner des fonds pour pouvoir débloquer plus d’agents du service de sécurité qui vont être présents le soir même durant les activités», affirme Nicolas Delisle-Godin, le responsable à l'exécutif de la FEUS.

Pour devenir un agent de sécurité, il faut une formation de 70 heures. Cette formation est généralement donnée par les commissions scolaires. Certains agents ont l’autorité d’émettre des contraventions pour des délits mineurs, tels que fumer à moins de 9 mètres des bâtiments. Mais, pour détenir ce pouvoir divin, il faut passer par une formation spéciale.

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La collaboration est la solution

Tombe 20 h, c’est la fin du party de génie. La sécurité prévient les animateurs qu’il y a une file d’attente de deux heures en administration. La masse d’étudiants sort tranquillement pour rejoindre un des trois partys prolongés. Agent 36 s’assure que le bar est bel et bien fermé. Puis nous nous dirigeons vers le 5@11 de la faculté de science.

Dans les tunnels, nous croisons un étudiant conduisant le véhicule qu’il a volé au personnel de l’entretien. Surpris de nous voir, il s’éjecte du véhicule, nous jette un regard coupable - mais pas trop - et prend ses jambes à son coup. Aucune colère sur le visage calme d’Agent 36. C’est la routine, me dit-on.

Agent 36 travaille depuis 10 ans à l’Université de Sherbrooke pendant les activités étudiantes. Il a observé une augmentation de la collaboration entre les organisateurs et les agents de sécurité. Les étudiants font beaucoup d’efforts, entre autres, la Faculté d’administration... Ah oui?

Autrefois, la Faculté d’administration avait la réputation, comme la Faculté de génie, d’être très fêtarde. Qu’est-ce qui a changé? Pendant une session, la Faculté d’administration a perdu son droit d’organiser des 4@7. Pour le récupérer, l’Association étudiante de la Faculté d'administration (AEFA) a soumis un plan de sécurité accompagné de nouveaux règlements à la direction de leur faculté. C’est d'ailleurs ce modèle qui a inspiré le document de la FEUS.

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Bonne relation

L’objectif n’est pas de faire peur aux étudiants ni de les intimider. Les agents de sécurité de l'Université de Sherbrooke valorisent leur bonne entente avec les étudiants. Il y a plus de rire que de confrontation. Les seuls cas où il y a eu des problèmes, les partis impliqués n'étaient pas des étudiants de l’Université. À 23 h, les festivités sont officiellement terminées. Les étudiants quittent tranquillement les lieux sans se douter du travail de la sécurité.


© Université de Sherbrooke

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