Des drones aux services des missions humanitaires à la Faculté de génie

Par Martine Dallaire

Des finissants de la Faculté de génie espèrent révolutionner la distribution de médicaments dans les zones sinistrées et les camps de réfugiés en développant un prototype de drone capable d’acheminer des médicaments en zone restreinte.

L’appareil qui est toujours au stade de prototype est équipé d’un compartiment réfrigéré. Il susciterait déjà l’intérêt de plusieurs entreprises et organismes humanitaires. L’équipe composée de neuf étudiants en génie mécanique a réussi à effectuer certaines modifications à un drone de type hélicoptère, en vue de le rendre complètement autonome. Le compartiment réfrigéré, qui distingue le drone de ses autres congénères, offre une capacité de transport contenant jusqu’à 2400 doses de vaccin sur une portée de 70 kilomètres.

Inspirés par la Croix-Rouge

C’est à la suite d’une conférence de la Croix-Rouge que l’équipe de futurs ingénieurs a réalisé qu’il y avait de réels besoins et un certain intérêt pour le transport de vaccins et médicaments dans des zones inaccessibles. Les concepteurs espèrent le voir à l’œuvre d’ici deux ou trois ans. Actuellement, aucun service de ce type n’existe pour le transport médical par drone, mis à part la livraison de poches de sang.

Des déplacements facilités

Beaucoup moins onéreux et risqué que de faire voler une équipe en hélicoptère, le déplacement du drone est également moins contraignant que celui d’un camion. Il servirait ainsi à se rendre jusqu’à des endroits difficiles d’accès ou coupés du monde après une catastrophe naturelle ou une guerre, par exemple.

Éviter des pertes de vie

L’appareil pourrait potentiellement servir aux Forces armées canadiennes pour acheminer la médication destinée aux camps de réfugiés et éviter ainsi les déplacements en véhicules blindés légers (VBL), ce qui réduirait les risques de mortalité liée aux engins explosifs improvisés déclenchés au passage des véhicules militaires. Entre 2002 et 2016, les troupes canadiennes en Afghanistan ont connu 162 pertes de vie liées aux engins explosifs improvisés. De ce nombre, on compte 158 militaires, 2 travailleuses humanitaires, un journaliste et un diplomate.

Impossible à opérer au Canada pour l’instant

Bien qu’un tel service pourrait être grandement utile au pays en cas de catastrophes, comme celles qui se sont produites à Fort McMurray il y a quelques années et plus récemment au Nouveau-Brunswick, il est actuellement impossible d’y avoir recours en raison de la législation.  Selon la Loi sur l’aéronautique, le vol de tout appareil non habité est prohibé, sauf à de rares exceptions parmi lesquelles le transport de médication est exclu.

La loi fédérale stipule aussi qu’il est interdit de faire voler un drone qui n’est pas à vue. Le drone du Projet Cigogne ne répond pas à cette exigence puisqu’il quitte promptement le champ de vision avec une autonomie d’un rayon de 70 kilomètres. Il faudrait un amendement à la loi pour que le drone destiné à la livraison de produits médicamenteux puisse être utilisé sur le territoire canadien. Actuellement, les drones ne peuvent être employés qu’à des fins strictement récréatives.

Des bailleurs de fonds intéressés par le projet

Outre le soutien de la Croix-Rouge et de certains élus provinciaux, quelques entreprises croyant en la réussite d’un tel projet se sont déjà manifestées pour le financer en partie. C’est le cas, entre autres, de Biron Groupe Santé et Bell Flight, un manufacturier d’hélicoptères commerciaux et militaires.


Crédit Photo @ Projet Cigogne

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