Par Aude Poirier 

Dans l’objectif d’améliorer constamment la qualité de vie de ses pensionnaires, le Zoo de Granby innove en créant des espaces toujours le plus près possible du milieu de vie des animaux… et ce, en recyclant. 

La célèbre attraction estrienne se démarque par ses nombreux efforts environnementaux en favorisant l’économie de l’eau, en limitant sa consommation d’énergie et en posant des gestes concrets quant au recyclage. 

Des exemples multiples 

Des évaluations fréquentes sont faites quant à la consommation d’eau du Zoo et près d’une vingtaine de compteurs d’eau ont été installés. Les toilettes sont à débit réduit, un système de géothermie a été instauré en plus d’échangeurs de chaleur et d’accumulateurs thermiques. L’éclairage se fait presque exclusivement à l’énergie solaire et aux diodes électroluminescentes (DEL). 

Le Zoo pratique également le vermicompostage et l’herbirecyclage. Dans le premier cas, il s’agit d’un procédé naturel et inodore où des vers de terre transforment des déchets organiques en une matière généralement utilisée comme engrais puisqu’elle relâche ses nutriments à un rythme optimal aux végétaux en croissance. Dans le second cas, il s’agit d’une technique où les rognures de gazon sont laissées sur la pelouse après la tonte pour faciliter le développement et le renforcement du sol. 

Finalement, les jeux aquatiques sont tous faits de plastiques recyclés, la peinture est entièrement écologique et la styromousse y est complètement bannie. 

Récupération et imagination 

Somme toute, le parc se distingue par son souci de poser des gestes verts tout en rendant le quotidien des animaux le plus agréable possible. Comme le rapporte Lila Dussault dans un article paru récemment dans La Presse, afin de joindre ces deux objectifs primordiaux, le Zoo récupère divers objets d’apparence inemployables en les mettant à la portée des animaux de façon sécuritaire. Ainsi, ils disposent de multiples jouets qui leur permettent non seulement de s’amuser, mais également d’entretenir leur dextérité et de leur assurer une certaine stimulation. 

Par exemple, les dons de vieux tuyaux d’incendie des postes de pompiers à proximité sont reconvertis en passerelles, en mangeoire pour les éléphants, ou encore en hamac pour les singes, plutôt que de garnir les dépotoirs. Barils alimentaires, vieux pneus, cartouches de filtration vétustes servent tous à reproduire le plus fidèlement possible l’environnement naturel des animaux. Le tout est possible grâce à l’imagination des employés et la collaboration de quiconque apporte ces matières qui détiennent un grand potentiel de seconde vie dans l’enceinte du Zoo. Les branches d’érables, de merisiers et de pommiers sont également un grand plaisir des gorilles. 

Plusieurs idées proviennent de l’organisation Aquariums et Zoos Accrédités du Canada (AZAC), qui regroupe 30 zoos au Québec. L’association, qui promeut la sensibilisation et le bien-être animal ainsi que la conservation des acquis scientifiques, émet régulièrement des suggestions visant à rendre le quotidien des animaux plus dynamique et stimulant par l’usage de matériaux recyclés.  

Bien qu’il soit controversé de garder captifs ces êtres vivants dans un environnement qui n’est pas initialement le leur, on ne peut nier le travail appliqué de l’AZAC et du Zoo à innover sans cesse au bénéfice de ses pensionnaires animaliers et de la planète. 

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