Des légumes ancestraux dans le jardin communautaire de l’UdeS

Par Martine Dallaire

Les projets destinés à favoriser le développement durable ont la cote à l’Université de Sherbrooke. Le dernier-né de ces projets est un jardin communautaire où poussent des légumes ancestraux. Le jardin collectif a d’ailleurs reçu l’aval du Fonds conjoint pour les initiatives de développement durable, pour l’implantation d’un potager ancestral. Ce dernier a pris racine non loin des résidences E4 et E5.

Ce qui fait la particularité de ce lopin de terre, c’est qu’il compte parmi ses cultivars, plusieurs espèces jadis cultivées tant par les peuples autochtones, que par les colons français et les loyalistes.  Parmi ces espèces se trouvent le radis noir, la citrouille algonquine, le chou pommé, le salsifis Scarlett Nantes, la ciboulette commune, le melon de Montréal, la patate en chapelet, et bien d’autres encore. On y trouve même une espèce de tabac centenaire : le tabac Petit canadien, une espèce utilisée par les peuples autochtones lors des rituels de purification.

Ces espèces ne sont plus présentes sur le marché d’aujourd’hui, car elles ne correspondent ni aux critères de l’industrie agroalimentaire ni à ceux du marché. En effet, le marché contemporain requiert que les fruits et légumes résistent au transport, puisque les consommateurs achètent davantage de denrées en provenance de l’extérieur de leur région. De plus, l’esthétisme des denrées alimentaires influence également le comportement des consommateurs.

Le projet de jardin ancestral universitaire comporte deux objectifs soit la sensibilisation de la clientèle étudiante à la valeur gustative et nutritionnelle desdites espèces, ainsi qu’à l’importance de manger bio et local. On pourrait même ajouter que l’équipe responsable du projet s’est donné un devoir de mémoire face à ces espèces végétales méconnues. Il est le fruit d’une collaboration entre différents intervenants en provenance de différents milieux, dont l’entreprise Terre Promise, fournisseur des semences, ainsi que du professeur Tristan Landry, spécialiste de l’histoire de l’alimentation et d’une équipe estudiantine. L’équipe profite également de la précieuse expérience de Louis-Philippe Daniel, acquise au Château Ramezay, lequel compte un projet similaire. Étudiant à la maîtrise en histoire, il occupait un poste dont le rôle était d’informer les passants sur les valeurs nutritives et médicinales des végétaux cultivés par nos ancêtres. Le potager du Château Ramezay compte une variété impressionnante de légumes datant du 18e siècle. Selon monsieur Daniel, certaines plantes telles que le maïs, les haricots et les courges ont grandement contribué à assurer la survie des premiers colons.

Notons qu’à la fin de la saison estivale, lors de la récolte maraîchère, un grand festin historique aura lieu.  Les participants et participantes au projet en profiteront également pour faire l’essai de quelques techniques de fermentation qui permettront de conserver les fruits de leurs récoltes durant la saison hivernale.  Ces techniques furent abordées lors du séminaire sur l’histoire de l’alimentation, suivi l’hiver dernier.

Le jardin collectif est présent sur le Campus principal depuis 2009. Il est ouvert à tous les membres de la communauté universitaire souhaitant y consacrer quelques heures de travail bénévole hebdomadaire.


Crédit Photo @ Université de Sherbrooke, Michel Caron

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